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La louve et le prince, tous les articles.
La louve et le prince, résumé.
- Là d'où je reviens et où ma promise est née elle-même, existent d'autres créatures ainsi que d'autres lois. Pourtant nous demeurons choisis par les Dieux.
Il y eut un léger temps de flottement, durant lequel le doute sembla se propager. Puis le verdict sembla près d'apparaître au grand jour.
- Et c'est là l'essentiel, lança le porte-parole, ce que repérèrent les lutins les uns après les autres.
Je murmurai un remerciement à mon vampire, qui m'adressa un coup d'œil d'abord indéchiffrable, puis chargé d'une malice maléfique. Je retins un soupir, m'interrogeant une seconde sur la raison pour laquelle j'acceptais toujours ses lubies sans broncher. Je supposai que malheureusement, l'amour pouvait expliquer l'essentiel.
- Nous écoutons la seconde question, rappela Prince, d'une voix apaisée.
Visiblement le porte-parole chercha ses mots, attitude que l'on sentait provenir du fait que ce qu'il avait à dire était d'une particulière gravité.
- Nous avons dû fuir à cause des Spares, un territoire qui nous plaisait bien, mais ce n'est pas le plus important, nous sommes habitués à voyager. Surtout : Terra ne comptait qu'une seule chaîne de montagnes. Nous avons pu constater que les Spares s'y trouvent actuellement. Savez-vous ce que sont devenus les trolls ? Comme chacun sait, les trolls ne peuvent vivre qu'en montagne.
Prince se raidit contre moi. Puis je compris et mon rythme cardiaque s'accéléra douloureusement.
- Ils sont morts, làcha Prince la voix rauque.
D'abord, je fus simplement étonnée qu'il parût touché par cette nouvelle, lui qui ne faisait rien pour cacher son aspect maléfique. Ensuite, je vis que les lutins se pressaient pour entendre, il n'avait pas parlé assez fort. Mais je sus d'un regard qu'il ne pourrait pas parler plus fort. La mort de tout un peuple, voilà une nouvelle que l'oracle n'avait jamais eu à annoncer. Je réalisai qu'il fallait que quelqu'un dise quelque chose au peuple des lutins.
- Lutins, nous sommes désolés de vous annoncer que les trolls ne sont certainement plus, poussai-je ma voix au maximum. Les Spares détruisent tout ce qui permet la vie sur leur passage. Il est illusoire de croire que nous pouvons encore quelque chose pour eux, parce que les effets de leur présence sont immédiats.
Prince m'adressa un regard de gratitude et m'indiqua d'une petite voix brisée combien j'étais dans le vrai. Je me renforçai de son expression, car l'immortel m'offrait rarement ce genre de démonstration d'une quelconque pureté d'âme. Du reste c'était plutôt normal : en tant que vampire, il avait perdu cette partie de lui depuis bien longtemps. Les lutins s'effondrèrent au sol. Alors pleine d'amour je l'observai prendre sur lui pour assurer son rôle de messager des Dieux :
- Lutins, croyez-vous en la magie ?
- Oui, crièrent ils d'une seule voix, pleins d'espoir.
- Les elfes et les gnomes sont deux peuples aussi vaillants que puissants. Les Spares sont dépourvus de magie...
Je tâchai de rester impassible, tout à lui réservant mon désaccord :
- Qu'en savons-nous, enfin ? Chuchotai-je doucement.
- Nous n'en savons rien, confia-t-il à voix basse.
Il me glissa un regard doré, où se mêlaient la malfaisance mais aussi la sagesse, si toutefois l'on peut le concevoir. Puis il revint résolument aux lutins, tandis que je méditais sur ce qu'il faisait à la perfection, à savoir leur rendre espoir pour permettre à leur peuple d'avancer malgré cette nouvelle atroce.
- Ils succomberont ! Clama-t-il d'une voix qui fit vibrer mon cœur.
Les lutins acclamèrent celui qui savait, lequel acheva en ces termes :
- Surtout, lutins, souvenez-vous que les Dieux sont avec nous, ils me portent depuis le début de cette guerre et rien ni personne ne résiste aux Dieux !
Je me demandai, tout en sachant que c'était profondément hors de propos, comment il faisait pour hurler ainsi sans devenir ridicule.
- N'as tu jamais d'extinction de voix ? M'étonnai-je à son oreille, retenant un fou rire hystérique.
Ses lèvres s'étirèrent à peine et ce fut tout à fait fugace, mais j'étais certaine que nous étions de connivence.
- Depuis que je suis vampire je me dis que je n'en aurai plus. Imagine quand j'avais dix ans...