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La louve et le prince, tous les articles.
La louve et le prince, résumé.
Il s'arrêta au moment de m'avouer, en revêtant ses traits d'immortels pour me faire comprendre au-delà des mots simples qu'il prononça avec détachement, combien il m'avait rendue malheureuse. Je m'arrêtai aussi pour encaisser le coup. Quelque chose dans sa façon de le dire me fait comprendre que je l'aimais en dépit de cela. Je me remis en marche en hochant profondément la tête. Cela ne se reproduirait pas, je ne le laisserais pas faire. J'étais un lycan et non une poupée blonde. Enfin il annonça, l'air grave :
- Je les vois. Tu te sens prête ?
- Plus que prête. Tu verras, je te surprendrai.
Je ne voyais pas encore les fées, je n'étais pas un vampire, moi. Mais s'il y avait une chose que je connaissais sur le bout des doigts, à présent, c'était tout ce qu'il s'était passé depuis que nous nous étions rencontrés. Les quatre heures avaient suffi à tout me conter dans les détails, jusqu'aux vies amoureuse de sa presque sœur, Yule, et de nos amis, Zéphir et Luna.
Les fées étaient de petites femmes ailées, toutes plus adorables les unes que les autres. Prince m'avait expliqué qu'elles n'avaient qu'un pouvoir magique, celui d'altérer les perceptions.
- Bonsoir, fées, clama celui qui savait. Je suis Prince et la louve et moi avons un message à vous délivrer.
Une nuée de paroles réveilla ma migraine. Prince saisit ma main avec force et m'entraîna à la suite des fées. Il parla à beaucoup, rit avec certaines, demanda des nouvelles à celles qu'il connaissait et enfin parla avec leur chef, d'après ce qu'il me sembla comprendre. Je tâchai enfin de sortir du brouillard qui m'enveloppait, j'avais promis que j'y parviendrais. Prince dit au chef ce qu'il m'avait prévenue qu'il avait à annoncer, puis sans surprise, la fée laissa à son peuple la nuit pour assimiler l'information et nous poser des questions. Mon ventre choisit le silence qui suivit pour gargouiller bruyamment. La fée sourit.
- Il y a là-bas un pommier-cannelle qui donne des fruits délicieux, si vous voulez. Je suis désolée de ne pouvoir vous offrir de couche pour la nuit, comme vous le savez les fées dorment dans les feuilles moelleuses.
Nous opinâmes, puis courageusement je pris la parole, il faudrait bien que je m'y mette un jour où l'autre.
- Ne vous inquiétez pas pour nous. Nous chasserons en duo et dormirons ensemble, mon aimé a les formes les plus confortables que les Dieux aient créées jusqu'à ce jour.
Elle éclata d'un rire cristallin et répliqua qu'elle voulait bien me croire. Lorsque nous nous éloignâmes des terres des fées, Prince murmura avec soulagement :
- Je pensais que ce serait plus difficile. Tu n'as rien laissé voir. Merci mille fois, la louve. Ce n'était pas le moment que les habitants de Terra se posent des questions sur notre relation.
Souriant je me changeai en monstre, puis forçai mes instincts à accepter la panthère près de moi. Il prit seul la proie, j'étais trop courbaturée pour être efficace. Une fois repus Prince m'indiqua de le suivre à la rivière où nous nous lavâmes pour la nuit. Non que cela me choquât d'être devant Prince en tenue d'Eve. C'est son regard sur moi qui m'étonna, je ne l'avais pas noté tout à l'heure. Un regard habitué. Tandis que moi j'appréciais sa parfaite anatomie de vampire avec admiration. Lorsqu'il comprit mon sentiment il me demanda dans un charmant murmure :
- Est ce que ça tout va bien, Tarah ?
- Parfaitement. Par... fai... tement, répétai-je lentement.
Il fronça les sourcils, comprenant peut être que me retrouver du jour au lendemain la compagne d'un être au physique plus qu'attirant n'avait rien pour me déplaire. De plus il avait de la prestance et il était aimé des peuples de Terra, ce qui ne gâchait rien. Et avec moi il était adorable et tendre. Que demander de mieux ?
Nous sortîmes bientôt - j'avoue que la tête me tournait à force de m'enivrer de son image. Il étendit une couverture piochée au fond d'une des sacoches abandonnées près de Rubis, notre étalon, que nous venions d'amener boire. Il était magnifique, d'après Prince c'était moi qui l'avais choisi. Je m'en réjouissais, il avait un physique enchanteur, avec sa robe blanche, ses membres noirs, et ses yeux vermillon. Laissant faire mon compagnon je tendis ma paume à l'animal qui y glissa le museau. Il me regardait un peu distant, alors que Prince avait dit qu'il m'adorait.
- Je crois qu'il sent que je ne suis plus exactement celle qui l'a choisi, dis-je sans me retourner vers le vampire.
Il vint derrière moi, d'une façon qui me donna le frisson. Si près qu'à peine un souffle nous séparait. Mais distant d'un millimètre, si bien que je pressentais seulement sa présence. Je sentis sa respiration sur ma nuque. Soudain une question me vint, à laquelle il n'avait pas répondu spontanément en me contant le reste :
- Bois-tu du sang humain ?
- J'ai bu le tien plusieurs fois. Oui, seul le sang humain peut me maintenir en vie, ainsi que le sang mêlé qui te caractérise. Je ne sais même pas si le sang elfique y suffirait.
Je hochai la tête.
- Est-ce que c'est douloureux ?
- Pas si j'en décide autrement. Ne t'inquiète pas, tarah, il me reste encore de l'autonomie. Pour Rubis, je crois surtout qu'il se demande bien ce que tu es. Il t'adore, mais hier soir tu l'as pris en chasse comme un lapin. Laisse-lui le temps d'oublier sa terreur.