manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
La louve et le prince, résumé. La louve et le Prince 121.
- Ne dit-on pas que si un vampire mord à de multiples reprises la même proie elle devient son esclave ?
- De multiples fois, oui, en de courts laps de temps et cela régulièrement, sinon cela s'estompe lentement. Tu ne risques rien, Tarah.
Apaisée je me tournai vers lui pour répondre avec assurance :
- Je te crois, Prince.
Quelques secondes s'égrenèrent, puis dès qu'il retrouva ses prunelles dorées il annonça paisiblement :
- On y va, jeune fille.
Sur le chemin, je me sentis différente. Je n'avais à ma connaissance jamais connu ce genre de sensations. Me trouver auprès de lui prenait à présent une autre dimension. Je lui glissai plusieurs regards de biais, simplement pour le regarder. Chaque fois son attitude me prouva que l'on ne pouvait pas cacher à un vampire qu'on l'observait en coin. Il paraissait d'excellente humeur, presque joueur en somme. Sur la route il me montra un truc qui faisait partie de lui : sa capacité de se déplacer trop vite pour que l'on puisse surprendre ses mouvements. A droite, à gauche, derrière, à des dizaines de mètres, de nouveau près de moi : il fut absolument partout en quelques secondes d'intervalle. Finalement, je commençai à éprouver pour lui non seulement la puissance de l'amour, mais une admiration qui frôlait l'idolatrerie – même si le mot n'existe pas.
Puis je me pliai en deux. Sa puanteur me répugnait. Si je m'éloignais un peu, je pouvais lui bondir à la figure pour lui arracher les yeux. Saisie d'un vertige, il m'aida à tenir debout. Je réagis par un grondement mi humain mi animal, en retirant vivement le bras qu'il avait empoigné. Je fournis un effort conscient pour que tous mes organes redeviennent humains. La louve en moi n'avait pas apprécié l'intensité de mes sentiments à son égard. J'inspirai puis expirai à fond. Il ne nous fallut qu'un regard pour qu'il paraisse me comprendre. Nous reprîmes la route en silence. A présent, je me sentais beaucoup moins légère.
Un peu plus tard, nous arrivâmes à destination sans prévenir. En réalité l'odeur des créatures m'aurait avertie, si j'avais daigné y porter un peu d'attention. Les premiers centaures nous avaient vus également. Leurs yeux glissèrent sur Prince puis me détaillèrent sans retenue. Prince leur lança comme à l'accoutumée, alors que je croisais les bras sur ma poitrine, vaguement irritée :
- Bonjour, Centaures, je suis Prince ; la louve et moi avons un message à vous délivrer.
Enfin les mâles imitèrent les femelles et le dévisagèrent, cependant leur expression était différente de la leur. Ils hochèrent la tête puis allèrent nous chercher leur chef. C'était un être certes séduisant mais bien trop arrogant à mon goût. Pour la première fois je vis quelqu'un toiser celui qui savait. Cela me fit un drôle d'effet, entre l'irritation et l'admiration. Il fallait du cran pour traiter l'oracle pour ce qu'il était : un être de chair et de sang, comme tout un chacun. Prince n'en fut pas impressionné : il lui conta debout, sans un rafraichissement, ce qui nous amenait. Une fois au courant le chef nous toisa d'autant plus, ce qui me poussa à parler, principalement pour voir ce qu'il avait dans le ventre :
- Centaure, qu'est-ce qui vous autorise à toiser l'élu des Dieux, je vous prie ?
Lentement, la créature se tourna vers moi, un silence carnassier à ses lèvres finement dessinées. Il me répondit d'un ton mielleux qui me fit un effet agréable (j'aimais que l'on pousse à réagir, prétexte qui s'offrait rarement à mon goût) :
- Qui êtes vous, je vous prie ?
- La louve, crachai-je en autorisant mes cordes vocales à se modifier pour produire un son qui le fit hausser les sourcils.
Je n'étais pas sûre d'y arriver. J'avais déjà essayé plusieurs fois de me transformer partiellement mais le résultat avait toujours été capricieux; Je me concentrai sur ce que je voulais et du coin de l'œil, je vis que j'avais au moins en partie réussi.
- Heureuse de faire vôtre connaissance, fis-je d'un timbre complètement méconnaissable.
J'avais un peu siffloté en parlant et cela ajouté à l'air effaré du centaure, je sus qu'effectivement mes canines de louves étaient apparues. Mais ce n'était pas tout. Je serrai vigoureusement la main du centaure, qui hurla de surprise plus que de douleur. J'avais troqué mes ongles d'humaine contre de longues griffes de louve qui lui avaient éraflé la peau.
- Vous alliez répondre ? L'interrogeai-je, déçue qu'il en perdre déjà sa voix assurée.
- D'un, que vous ne me faites pas peur (mais le ton trahissait son mensonge), de deux, que les elfes et les gnomes sont pitoyables. Ils attendaient bien en paix au fond de leurs souterrains tandis que nous les guerriers, tentions de massacrer nos ennemis. N'as-tu pas vu comme mon peuple est réduit à une peau de chagrin, élu de pacotille ?