manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
La louve et le prince, résumé.
La louve et le prince, tous les articles.
Connaissez-vous un moyen de changer les idées à un homme ? Plusieurs ? Oui mais quel est le meilleur ? Je me penchai sur lui mais il ne se concentra pas sur le baiser que je lui donnai.
- Tourne-toi, souris-je.
Après tout, songeai-je, un massage serait peut-être plus efficace. Effectivement, quelques minutes plus tard, un sourire gagna enfin ses lèvres. Enfin, il me refit face et me prit dans ses bras. Sans aller jusqu'à dire qu'il était apaisé, du moins put-il s'endormir.
Puis comme toujours, le réveil fut la première torture de la journée. Cette fois nous fûmes prêts à l'heure. Mais sur le pas de la porte avec horreur nous trouvâmes les parents de Yule en grande discussion avec la brune. Par les Dieux ! Nous les fîmes rentrer, puis la vampire restée dehors nous rit au nez, mesquine. Une fois informés, les parents appelèrent la police, mais il n'y avait personne au poste. Aujourd'hui personne ne serait au travail, les délinquants pouvaient œuvrer à leur guise. Étranges mœurs dans un monde étrange, où tout s'arrêtait pour la seule journée de guerre qui serait mise en œuvre pour défendre la vie sur Terra. Le trajet se passa en silence, nous étions concentrés à escorter Yule sans qu'il n'arrive rien. Prince et moi ne mangeâmes pas, toujours concentrés sur la vampire que nous avait suivis, inlassable dans sa quête pourtant vaine. Enfin quatorze heures sonnèrent et la scène se passa au ralenti. Les elfes s'assirent et burent leur potion – je ne voyais pas les gnomes de là où j'étais. La vampire se fichait de la guerre, elle n'était pas là pour combattre. Les deux peuples se mirent à entonner la formule en une seule voix assourdissante.
- Nature, récupère ce que tu as perdu,
- Les Spares nous saignent car en deux scindés,
- Ils ont perdu, à tes dépens, leur animalité,
- Nature, par la volonté des Dieux et des peuples alliés,
- Aide-nous, car la tâche est ardue,
- Ici et maintenant, que soit faite notre volonté.
Ils reprirent une seconde fois, tandis que Prince ouvrait une sacoche, abandonnée près de Rubis. Ce faisant il ne quitta jamais la vampire des yeux, assise près de nous pour nous narguer en minaudant. L'immortel sortit une dague, aussi fine que longue et belle. La vampire sauta sur ses jambes. Crispée, je compris que cette partie de harcèlement avait eu raison des nerfs de Prince, dont la vie de sa presque sœur était en jeu, ce qui le rendait pour le moins expéditif. Je me changeai en loup, au cas où l'on aurait besoin de moi. Mais ce fut propre et rapide. Une fois sur ses pieds, la vampire ouvrit la bouche pour crier, mais Prince lança sa lame, qui rata sa cible, laquelle oublia de hurler. Cependant le mouvement qu'elle fit pour l'éviter était prévisible. Il s'empara d'un second poignard. Le premier se ficha dans le sol, tandis que le second se plantait dans le cœur de la vampire jusqu'à la garde. Une pluie de cendres tomba dans l'herbe haute. Je redevins humaine. Prince tomba au sol, en larmes silencieuses. Il n'avait pas l'habitude de tuer, même si ses instincts de vampire le lui permettaient aisément. C'était avant tout un oracle, respectueux de la vie offerte par les Dieux qu'il tenait pour maîtres. A califourchon sur lui, je le serrai, puis au bout de quelques secondes, alors que je voulais m'éloigner pour l'embrasser, il me serra à m'étouffer. Nous restâmes ainsi jusqu'à ce que la crise soit passée. Je me sentis secouée, poisseuse du sang qu'il pleurait ainsi que de sa peine, de mon impuissance et de mes instincts paradoxalement bien plus sombres que ceux du vampire qui prétendait m'avait fait tant de mal. Je n'aurais jamais pleuré la mort de l'immortelle.
Il n'avait pas entendu tomber le premier gnome, contrairement à moi. C'étaient surtout les lutins que j'avais vu courir. Mais le petit être était juste évanoui, d'après ce que j'avais entendu.
Lorsqu'il leva la tête, Prince était encore décomposé. Je compris enfin ce qu'il murmurait depuis presque une heure dans mon corsage :
- J'ai tué une femme, j'ai tué une femme, j'ai tué une femme...
- Tu as sauvé la vie de Yule, tu as abrégé les souffrances d'un être malade, Prince, veux-tu bien m'écouter ?
Je répétai plusieurs fois et enfin les mots s'imprimèrent dans son esprit. Je couvris alors son visage en larmes de doux baisers pour boire sa tristesse et qu'il n'en reste plus un goutte cramoisie, enfin. Mais il entendit le premier elfe tomber.
- Ici, ici, fit il fébrilement.