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La louve et le prince, tous les articles.
La louve et le prince, résumé.
- C'est sa chaussure de Cendrillon, ajouta-t-il dans un sourire sournois.
Mais il n'était plus lui même, cela fonctionnerait il ? Nous suivîmes Véga et sa cavalière de loin, mais nous arrêtâmes longtemps avant le château, cachés dans les buissons, tandis qu'elle rentrait au château des loups.
Deux heures-deux heures!!-après, une voiture rutilante sortit du château, emmenant en principe le couple royal à la plage, si tout se déroulait comme prévu pour l'immortelle. Nous galopâmes à bonne distance ; du reste il ne nous fallut pas moins de trois heures pour arriver à la plage. Je m'étais attendue à ce que le roi méfiant se soit entouré de gardes. Ce ne fut pas le cas. Le cœur serré nous observâmes le couple jouer dans les vagues. Ils s'aimaient, mais lui n'était que le spectateur des manœuvres du Spare pour donner le change à Callista, je devais m'en convaincre !
- Crois-tu que nous puissions nous être trompés ? Chuchotai-je à Prince, juché derrière moi sur Rubis.
Le contact glacé de son corps contre moi me plaisait, mais ne faisait qu'ajouter à l'adrénaline qui affluait déjà en excédent dans mes veines.
- Non, trancha-t-il. Il n'a pas pu changer autant. Il a réagi au mot Spare. Il a menacé de nous tuer.
Cela faisait beaucoup d'indices concordants, tentai-je de me persuader.
- Tu m'as dit qu'il avait menacé Callista de cette façon le tout premier jour, ne pus-je m'empêcher de me souvenir.
Un dur claquement de langue signala que j'avais touché les limites de la patience de l'oracle, dont la nature sanguine rudoyait le professionnalisme.
- Regarde-moi, Tarah, ordonna-t-il sans douceur.
Je me retournai sur la selle en soupirant malgré moi.
- Tu le sens dans tes entrailles, me mit-il face à mes contradictions. Les épées t'appellent. Les Dieux murmurent à tes oreilles.
Je réfléchis et déplorai :
- Rien de tout cela. Mais je ne suis pas celui qui sait.
Il n'avait pas lu en moi par empathie, il avait supposé qu'à présent que les dieux comptaient sur moi, ils se comportaient de la façon dont il était coutumier. Mais ils faisaient une différence entre un oracle et un simple exécutant. Il hocha la tête, tentant de me cacher son trouble. Et soudain je ne pus plus attendre. Si je me permettais d'hésiter encore je n'agirais jamais. Je remis Rubis au galop puis le fis stopper au ras des vagues. Le ressac mouillait ses sabots tandis que le loup garou nous dévisageait, l'air grave. Je descendis de cheval et lançai calmement en levant les bras :
- Courage, Kenzo, bientôt tu seras libre. Il te tarde de pouvoir parler à Callista, j'en suis persuadée. Elle te manque.
Mes mains se refermèrent sur le manche des lames que je tirai, mais déjà Kenzo m'écrasait au sol. Le bond du monstre au-dessus des vagues aurait pu me paraître joli, mais de par ma position, il me fit un tout autre effet, bien moins positif. Je glapis, mais une panthère enragée se jeta sur le roi. Je me relevai et glinnnnnnnn, les épées quittèrent leur étau de fer. Un intense bien-être me fit sourire étrangement. Lorsque Kenzo se jeta de nouveau sur moi l'une des lames s'abattit sur lui. Je n'avais pas eu le temps de viser, aussi le fer s'abattit-il sur son épaule, y creusant un profond sillon. Son bras pendouillait atrocement mais déjà il abattait son autre poing dans mon ventre. Pliée en deux je reculai. Il bondit bientôt sur moi, me renversant de nouveau. Je ne comptais plus les atroces morsures qu'il m'avait infligées, évitant de me concentrer sur la douleur.
- Alors, clama-t-il à califourchon sur mon ventre encore douloureux, tu as fini par laisser libre cours à ton dépit, Tarah ? Le désintérêt que je t'ai manifesté a eu raison de ton esprit, n'est-ce pas ?
Mais un râle atroce acheva sa phrase, déjà déformée par la forme monstrueuse de sa bouche. Une mâchoire puissante venait de lui broyer le poignet de son bras valide. Je me contorsionnai pour me libérer ; enfin je me retrouvai debout. Sans hésiter, les deux épées tendues face à moi, j'attendis seulement qu'il se relève et enfonçai les lames dans son cœur sur plusieurs centimètres.
Nos regards se croisèrent. Le sien était fou ainsi qu'effrayé. Il tomba à genoux et le visage incliné vers le ciel, il hurla tout son soûl.