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La louve et le prince, tous les articles.
La louve et le prince, résumé.
Nos regards se croisèrent. Le sien était fou ainsi qu'effrayé. Il tomba à genoux et le visage incliné vers le ciel, il hurla tout son soûl. Tremblante j'observai le miracle se produire. Déployant ses ailes, un grand papillon de nuit prit son envol depuis sa bouche grande ouverte, comme chassé par le cri de douleur du roi des lycanthropes.
Kenzo cessa de crier et regarda le monde. Mais dans les secondes qui suivirent il ne tint plus sur ses genoux. Je me penchai mais Callista avait été plus rapide. J'avais juste eu le temps d'entendre sa course dans le sable que déjà elle se jetait au sol et ce fut sur son épaule que le roi des loups se laissa choir. Le menton sur l'épiderme de son aimée, les yeux clos, il pleurait comme un enfant ; cela donnait le vertige. Ses lèvres commencèrent à bouger tandis que ses chairs se refermaient lentement mais sûrement. Je compris enfin qu'il multipliait les mots d'amour :
- Callista, ma chérie, mon bel amour, pourras-tu un jour jour me pardonner les horreurs que j'ai faites et dites ? Le mal que je t'ai fait, les inepties que j'ai multipliées ?
- Mon ange, mon bel ange, mon amour...
S'étant détachée de lui, c'était sur ses lèvres qu'elle murmurait passionnément. Prince me prit par le bras. Je réalisai enfin combien je tremblais. Il m'éloigna des douces retrouvailles et loin, aux côtés de notre couple d'équidés blancs comme l'hermine, il m'assit un peu brutalement au sol. A califourchon sur moi, il me serra contre lui et son corps glacé rendit pourtant le vie au mien. La vie reprit subitement son cours. J'écrasai mes lèvres contre les siennes, mais il manquait toujours quelque chose. Je rouvris les yeux, affolée. Je me relevai, chancelante, manquant de renverser Prince au passage. Alors je courus, éperdue. Je contournai les amoureux enlacés et à bout de souffle, le vue de ce que cherchais me rasséréna. Je ramassai mes épées sanguinolentes puis avançai dans les flots pour les laver de leur premier bienfait. Je sentais les regards sur moi, mais à cet instant précis, je ne pouvais rien faire d'autre que de prendre soin des armes blanches. Maintenant elles étaient propres, étincelant dans la nuit. Je les levai vers les cieux, regardant les Dieux sourire à ma première victoire. C'était une illusion bien sûr, mais ce qui n'en était pas une, c'étaient les bras puissants de Prince autour de moi. Ses mains se refermèrent sur ma poitrine et ses lèvres firent brûler la peau de ma nuque dont il avait écarté les boucles blondes. Mon corps entier répondit à ses lèvres, par les Dieux, comme je le désirais en cet instant ! Lorsque je me retournai, il eut le frisson en voyant les longues épées se refermer autour de lui. Mais il accepta mes lèvres sur les siennes ainsi que le baiser brûlant que je lui donnai, éperdue.
Enfin il s'écarta pour que d'un geste large, je lève les bras pour faire glisser le fer contre le fer. Je gémis de plaisir et le bruit produit s'évanouit à ma grande déception. Les épées avaient regagné les fourreaux ancrés dans ma chair. Prince ne perdit rien de ce qui s'était passé, m'observant d'un air incertain. Je l'enlaçai de nouveau, de mes bras frêles cette fois. Alors je sentis toute peur quitter mon vampire. Mais bientôt il me fut arraché. Lorsque Kenzo prit sa place j'eus envie de le repousser froidement. Mais son expression m'en dissuada lorsqu'il s'écarta de moi et que je fus capable de la contempler. Il ne dit rien, mais son visage exprimait une reconnaissance douloureuse. Enfin, Callista prit me donna une douce accolade, l'air épuisé mais soulagé. Cette fois j'eus envie de la pousser violemment, en souvenir de toutes les difficultés qu'elle avait présentées, mais immédiatement honteuse de cette pulsion. Un silence parla à notre place, puis de la tête elle nous indiqua de les suivre. Prince indiqua que nous les rejoignions au château. Enfin seule avec lui, je me pressai contre Prince en lui susurrant :
J'ai envie de toi, vampire...
Sans me repousser ni refuser mes caresses osées sur des endroits de son corps que j'explorais rarement, il répondit d'un ton assuré :
- Pas maintenant, Tarah, tu n'es pas toi même, ce soir.
Sa voix rauque indiquait que l'oracle et le damné se livraient une bataille à son esprit torturé.
- Certes mais j'ai envie de toi, répétai-je en faisant passer sa chemise par dessus sa tête.
- Non, Tarah...
Mais ses lèvres finirent leur course sur mon épaule puis glissèrent vers mes seins.
- Toi aussi, tu en as envie, répliquai-je en dégrafant son pantalon griffé...
Ses mains coururent sous mon débardeur pour finalement me l'ôter sauvagement.
- Qu'est-ce que tu as ? Susurra-t-il sur mon ventre.
- Je... Ressens la satisfaction jusque dans ma moelle... Les épées aussi et...
Il leva la tête, les mains sur mes hanches, d'où il avait commencé de faire glisser mon pantalon.
- Et elles sont apaisées, ce qui emplit mon être de... concupiscence, je le crains, achevai-je dans une voix dégoulinante du plaisir de ses caresses.