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La louve et le prince, résumé.
La louve et le prince, tous les articles.
Je pris le temps de me rafraîchir dans les vagues et lorsque Prince arriva je réalisai, les yeux écarquillés :
- Mais tu supportes le soleil ?!
- Ah oui.
Il y eut un temps. Je le laissai réfléchir en paix, mais au moment de remonter à cheval il grogna, maussade :
- Qu'est-ce que je suis, maintenant, qu'avez-vous fait de moi, cette fois-ci ?
C'était adressé aux Dieux, aussi me gardai-je bien d'entrer dans le débat. Dans ma première vie, je ne m'étais jamais tellement interrogée sur les Dieux. Mais en y réfléchissant bien, puisqu'ils existaient, ayant fait de lui leur messager ainsi que leur soldat, il avait raison de leur attribuer ce qui lui arrivait, surtout lorsque c'était aussi inopiné.
Un frisson me prit lorsque je songeai qu'il n'était peut-être pas là en chair et en os, ce qui aurait pu expliquer qu'il supporte les rayons du soleil. Peut-être que tout ce que les gens voyaient, moi y compris, n'était qu'une hallucination, de la poudre aux yeux. J'avais peut-être fait l'amour avec de l'air. Peut-être que les Dieux m'avaient flanquée d'une chimère, mais que mon promis m'attendait patiemment à la maison. Je secouai la tête et partis au grand galop.
Rubis aurait tenu les trois heures ainsi, mais comme à l'allée, il fallut ralentir pour Véga. Vous parvînmes enfin au château où l'on nous ouvrit à vue. Les souverains nous accueillirent dans la bonne humeur, mais il nous fallait un bon bain avant toute chose. C'était urgent, avais-je déclaré. Nous nous réfugiâmes à la salle d'eau, mais rien de ce que fit Prince ne m'ôta de l'esprit ce que j'avais pensé à la plage.
- Prince, es-tu réellement ici avec moi ?
- Évidemment ! Où veux-tu que je sois d'autre ?
Le vampire avait perdu son sens de l'humour. Il m'observait avec consternation, songeant visiblement que les Dieux m'avaient octroyé une nouvelle prudence tout à fait déplacée, très proche de la paranoïa.
- Je l'ignore, mais ici tu es censé craindre la lumière du jour et ce n'est pas le cas.
- Pourtant je suis bien là. Comment t'aurais-je aidée à récupérer Rubis et à neutraliser Kenzo sinon ?
C'est alors que tout devint clair à mon esprit.
- Tu as joué la comédie. Les Dieux t'ont offert la résistance au soleil et tu le savais parfaitement. Sinon par réflexe tu te serais méfié.
Je plissai les yeux alors qu'il cherchait quoi répondre et repris :
- Quelle est la contrepartie, Prince ? Dis le moi. C'est forcément à cause d'elle que tu ne m'en as pas parlé. Ça fait bien trop de présents d'un coup, pour des Dieux qui ne t'en avaient fait qu'un seul jusque-là.
Quelque chose changea dans ses prunelles d'or. Une fugace violence. La volonté démoniaque de me faire du mal, parce que ses manœuvres pour me cacher la vérité avaient échoué, peut-être bien.
- Bon d'accord. Tu seras forte ? Questionna-t-il dans une moue de défi.
Je hochai la tête et dans un souffle il expliqua, non sans avoir préparé les phrases à l'avance :
- Les Dieux venaient de m'annoncer que tu devrais te battre contre les cinq Spares, avec de nouvelles armes, dans un pays dont tu ne te souviendrais pas, étant amnésique. Je sais que tu n'aimes pas être seule. Alors dans ces circonstances j'ai senti que ce serait très dur. Donc j'ai demandé aux Dieux de me rende invulnérable à la lumière, pour être près de toi lorsque tu devrais sévir. En contrepartie c'est le tout dernier don qu'ils nous accordent. Pour l'éternité, nous n'aurons plus rien à attendre d'eux, tandis qu'ils continueront à faire de nous leurs bras sur Terra et sur Terre à l'occasion.
Je ne fus pas surprise. Peut-être n'avais-je pas encore réalisé, ou bien peut-être étais-je un peu inconsciente, petite blonde d'une quinzaine d'années.
- Pourquoi ne pas me l'avoir dit dès le départ ? Tombai-je ainsi des nues.