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La louve et le prince, résumé.
La louve et le prince, tous les articles.
- En contrepartie c'est le tout dernier don qu'ils nous accordent. Pour l'éternité, nous n'aurons plus rien à attendre d'eux, tandis qu'ils continueront à faire de nous leurs bras sur Terra et sur Terre à l'occasion.
Je ne fus pas surprise. Peut-être n'avais-je pas encore réalisé, ou bien peut-être étais-je un peu inconsciente, petite blonde d'une quinzaine d'années.
- Pourquoi ne pas me l'avoir dit dès le départ ? Tombai-je ainsi des nues.
- J'avais peur que tu t'affoles, répondit Prince.
Un étrange vertige me prit après quelques secondes, durant lesquelles il garda le silence. La sévérité du ton qu'il avait employé cachait quelque chose. Bien sûr, d'après ce qu'il avait dit de mon passé lointain, j'avais été le prototype de la petite blonde qu'un rien pouvait effrayer. Mais... Le vertige me fit chanceler. L'immortel n'eut qu'un léger frémissement : la rapidité de ses réflexes avaient dû l'avertir que je n'allais pas tomber. Je me souvins des paroles qu'il avait eues envers Callista : selon lui les Dieux m'avaient fait quelque chose pour m'adapter à ma nouvelle mission.
- Ça fait beaucoup, continua-t-il, l'éternité sans aide, quand on a d'aussi exigeantes destinées que les nôtres.
Mes doutes se matérialisèrent bientôt par une étrange amertume à mes lèvres. C'était très inconfortable de penser que les instances qui nous dépassaient pouvaient à ce point faire de nous des poupées de chiffons. Je m'ébrouai, laissant ma dentition devenir celle du lycan, juste pour sentir ses instincts apaiser mes doutes, en les remplaçant par son mauvais esprit qui me rassurait. Non, décidai-je. Je prenais mes décision. Je grandissais, simplement.
Prince projetait simplement ses propres doutes sur ma personne, qu'il croyait assez faible pour les lui faire endosser facilement. Personnellement je n'avais jamais reçu de don divin, aussi compris-je que ce serait lui le plus effrayé par cette nouvelle. Je souris, l'enlaçai et prononçai sur ses lèvres :
- Nous serons là l'un pour l'autre. Nous n'avons plus besoin des Dieux, dorénavant, Prince. Nous sommes plus forts que le mal, plus forts que la mort, que te faut il de plus ?
Ma voix avait été plus dure que je m'y étais attendue. Et j'avais failli dire plus forts que bien. Soudain j'en eus vraiment assez de tous ces doutes. Je me séparai de lui, me changeai en louve puis lui fis signe que nous partions. Il prit les chevaux – ainsi que mes vêtements, puis nous primes la route, lui chevauchant, moi galopant au sol. Le monstre dont j'avais pris l'apparence m'emplit toute entière de sa rage si grisante. Je veillai simplement à garder le peu de contrôle qu'il me fallait désormais pour ne pas courser à mort les chevaux, dont la blanche n'arrangeait pas les choses en dégageant l'effluve de la peur panique qu'elle avait grand peine à contenir.
Lorsque nous approchâmes des endroits fréquentés par les humains, je redevins moi-même mais n'échangeai qu'un sourire avec Prince, prenant la jument qui se sentit beaucoup mieux à partir de là. Quelques heures plus tard, lorsque nous rejoignîmes les rois des lycans à la bibliothèque, j'avais retrouvé une certaine sérénité.
- Si vous travaillez nous reviendrons plus tard, notai-je.
- Mais non. Paul, fit Kenzo, faites porter du thé.
Le garde sortit et Callista se débarrassa de cette phrase plus qu'elle ne la prononça, très pressée d'extérioriser la remarque qui trottait sous son crâne depuis des heures :
- Tu supportes le soleil !
Prince éclata de rire et finit par lancer :
- Les idées des femmes ont le même temps de maturation, Kenzo, tu le crois ?
Le châtain au mordoré regard rieur échangea une accolade avec la panthère de lune. Celle-ci servit à son amie de toujours une version concise de ce qu'il m'avait dit et je m'en émerveillai. Il n'y avait pas si longtemps ça aurait été moi qui y aurait eu droit, tandis qu'il aurait dit les moindres détails à sa partenaire de toujours, la blonde aux yeux noirs auprès de laquelle il avait passé deux mille ans sans jamais lui confier qu'il n'était pas qu'une simple panthère.
Après ce récit Kenzo lâcha d'un air songeur :
- Cela vous intéresse probablement de savoir où se trouvent les autres Spares.
Éberlués nous le laissâmes continuer :
- Certes le Spare avait accès à toutes mes pensées et tous mes souvenirs, mais c'était réciproque. Il pensait très souvent à son aimée et évidemment je l'ai rencontrée.