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La louve et le prince, tous les articles. La louve et le prince, résumé.
- Prince, chuchotai-je, nous sommes perdus, c'est cela ?
- Bien vu, Sherlock. Alors ils auraient pu réciter une formule pour retrouver leur route mais tant qu'à se crever, la solution que l'on a choisie nous permet de nous remettre au travail plus vite que l'autre.
Ce que j'allais dire n'avait rien à voir, mais j'en avais assez de le garder pour moi. Je levai mes yeux bruns sur le doré des siens.
- J'ai eu très peur de te perdre, murmurai-je.
J'avais pensé qu'il dirait moi aussi. Mais il prit mon menton entre ses doigts et préféra poser un baiser sur mon front. Le monde s'adoucit immédiatement. Je m'appuyai sur son épaule en regardant les elfes travailler vaillamment. Un petit tas reposait déjà entre eux, et je supposai qu'il ne restait que le traîneau à faire apparaître. Bientôt Yule bascula simplement. Je gémis mais Prince mit une main sur ma bouche. Les autres continuaient, les yeux clos ; il ne fallait pas les déconcentrer, compris-je. De longues minutes passèrent encore. Nous nous approchâmes pour coucher la brune elfe dans un position plus confortable.
- Tu es plus sûr de nôtre quête à présent ? Le questionnai-je lorsque nous nous fûmes rassis à côté d'elle.
- Oui, c'est certain, plus on se bat pour et plus je sens que c'est cela qu'il fait faire. Les gnomes sont des êtres mauvais, alors se battre contre eux c'est se battre pour le bien.
Évidemment, cela semblait un peu trop beau pour être sûr. Mais nous préférions y croire, car nos cœurs nous disaient que c'était la vérité.
- La panthère, repris-je. J'ai vraiment le sentiment que c'est elle, c'est...
- Ne le dis pas, supplia-t-il.
Surprise je lui fis face ; il haussa les épaules.
- Comme ça si ce n'est pas elle ou lui, on ne l'aura pas formulé.
Je ressentis une bouffée de tendresse pour le prince orphelin, qui ne voulait pas être plus seul encore après un faux espoir.
- D'accord, Prince, d'accord.
Toute à mes pensées je sursautai lorsque Luna tomba à son tour, mais je hurlai lorsque le traîneau apparut, énorme, manquant de les écraser.
- Whaou, m'extasiai-je, vous êtes trop forts !
Zéphir gémit en faisant signe de baisser d'un ton, et qu'il avait une affreuse migraine. Nous les rejoignîmes, moi empressée, Prince, altier.
- Je vais dormir aussi, dit l'elfe, ne vous en faites pas pour nous, nous finirons par nous réveiller.
Nous acquiesçâmes tandis qu'il se couchait. Nous étions à présent face à trois beaux au bois dormant, un sourire attendri aux lèvres. Prince alla fureter dans le tas d'affaires apparues entre les dormeurs. Il y avait une tunique et un pantalon très simples pour lui. Il ne fallait créer que le stricte nécessaire, sous peine d'échouer. Ça avait déjà été moins une pour que Zéphir ne se retrouve seul. Pour moi il y avait une robe sans fantaisie, mais qui se révéla épouser ma silhouette agréablement. Nous n'aurions pas de change, mais la rivière nous servirait à un nettoyage succinct, n'ayant pas de gel douche. Mais nous n'avions plus rien non plus pour que les elfes chassent ni aucune couverture ou serviette. Tout irait bien. Le tout était de s'en convaincre. Nous passâmes le temps en nous massant, Prince et moi. Cela nous détendit comme jamais. A vrai dire nous trouvâmes quelques endroits où c'était plutôt intriguant. Maintenant c'était à mon tour, je me retournai pour changer de position mais lui ne bougea pas.
- Tu en as assez ? Déplorai-je.
Il secoua la tête. Son regard doré accrocha le mien, brûlant. Je m'embrasai aussi, surprise à l'extrême. Il contracta la mâchoire, je vis le doute passer dans ses prunelles. Tandis que je comprenais qu'il ne savait pas par où commencer, parce que je n'étais pas une panthère, mon ventre eut un élancement d'appréhension. J'avais quinze ans et aucune expérience, j'aurais autant que lui, eu besoin d'être rassurée. Le charme était rompu. Nous nous laissâmes aller pour reposer sur le sol, dans les bras l'un de l'autre, et une fois une bonne position trouvée, je crois que nous nous assoupîmes aussi. Trop d'émotions avaient pimenté cette journée, pour l'un comme pour l'autre.