manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
La louve et le prince, résumé.
La louve et le prince, tous les articles.
Prince et moi nous concentrions sur la panthère, pourtant la formule scandée par les trois elfes résonna à mes oreilles comme une rengaine impossible à écarter d'un esprit malade.
- Panthère de ténèbres, nous t'en prions,
Viens à nous, livre-toi pour de bon,
C'est important, nous sommes perdus,
Et tu connais l'issue, nous en sommes convaincus,
Alors pour l'amour des dieux, des esprits,
Par notre volonté, qu'il en soit ainsi.
Longtemps, ils répétèrent la formule, leur voix se mêlant en une scansion envoûtante. J'étais concentrée sur notre but, pourtant par moments je voyais à mon esprit le visage de chacun d'eux,
concentré à l'extrême. Luna, les yeux clos, ses longs cheveux sombres tombant soyeux dans la courbe délicate de son dos, récitait le menton bien haut. Zéphir fronçait ses sourcils blonds dans l'effort, ses traits fins tirés par la tension.
Enfin, je la vis distinctement. J'ouvris grand les yeux pour mieux la distinguer. Je compris que ce n'était pas vraiment mon corps qui agissait, mais mon moi psychique. Prince était là aussi, mais pas Yule, aussi m'inquiétai-je fugacement pour la presque sœur du vampire. J'agrippai sa main et la panthère magnifique, tellement semblable à Prince, s'assit tranquillement sans cesser de nous fixer de ses yeux dorés. Nous étions chez elle, je le voyais maintenant. C'était une grotte spacieuse. Derrière elle, la mer s'étendait à perte de vue. Nous étions près de la sortie, voilà pourquoi nous le voyions, parce qu'elle était tellement plus bas que j'en eus le vertige.
La panthère ne parla pas, pourtant nous comprîmes son message.
- Mon enfant, tu es finalement venu me trouver, après tant d'années.
Je me tournai vers Prince à temps pour voir deux filets de larmes vermeille glisser jusqu'à son menton, souillant sa peau d'une parfaite blancheur. A partir de cet instant, elles ne cessèrent de couler, gouttant jusqu'au sol avec une régularité envoûtante. Pourtant, lorsqu'il parla, sa voix était claire, emplie d'une grande tendresse.
- Maman.
Soudain, quelque chose satura l'air, comme un soulagement ou de la mélancolie, après tant d'attente, de souffrance refoulée.
- Oui, mon chéri. Tu m'as manqué aussi. Je t'aime.
La peur de Prince faillit me renverser. C'était à cause du lien qui nous unissait, depuis qu'il avait bu mon sang, réalisai-je surprise. Je serrai sa main, pour ne pas tomber sous le choc.
- Ne pars pas, hurla-t-il !
- Non, mon fils, non.
Elle se tourna vers moi et son regard doré me transperça.
- Comment t'appelles-tu, jeune fille ?
- Tarah...
Je cherchais le terme approprié pour l'interpeler.
- Ma reine, conclus-je.
- Mon enfant, je suis heureuse que tu illumines la vie de mon fils, sa solitude m'emplissait de tristesse.
Des dizaines de questions me vinrent à l'esprit. Comment en savait-elle autant sur nous ? Son opinion de moi était-elle suppositions, rêves de mère ou prémonition ?
- Mère, s'indigna Prince !
Mais avant qu'il ait eu le temps de contredire ces deux affirmations, elle reprit déjà.
- Ne nie pas, mon fils. Je t'ai vu quelques minutes chaque jour que les Dieux m'ont donnés. Yule est là, certes, mais un homme a besoin d'autre chose que d'une sœur. Et je sais que tu ne t'en rends pas encore compte, mais Tarah est bien ce que je dis.
Ses paroles me coupèrent le souffle. Se pouvait-il qu'elle fût une Déesse, pour affirmer aussi sûrement ce que nous ignorions nous-mêmes ? Elle se tourna vers moi et de nouveau, je vacillai un peu.
- Tel père, tel fils, Tarah, ne t'inquiète pas et crois moi, un beau jour il s'en rendra enfin compte.
Les larmes franchirent mes paupières et contre tout attente, Prince me prit par l'épaule pour m'attirer contre lui. Je m'accrochai à lui, comme à une dernière chance. On m'avait tant bernée en amour, dans mon propre monde ! Si l'on me décevait de nouveau, après tant de promesses, j'ignorais ce qui adviendrait de ma pauvre personne ensuite.
- Comment m'as tu vu, mère ? Questionna-t-il, concentré sur ce qu'il fallait découvrir.
J'admirai son professionnalisme. A sa place, je serais déjà tout contre ma maman, loin de chercher à comprendre, je me serais contentée de rester à la regarder pendant des heures. Mais nous étions là par magie, le temps pressait donc. Il fallait en savoir le plus possible sur ses parents, pour découvrir ce qui avait cloché aux origines, affin de réparer le présent.