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La louve et le prince, résumé.
La louve et le prince, tous les articles.
- Et il a sauté.
Un silence passa, pendant lequel tous trois stupéfaits, même elle après coup, nous imaginions, et elle revoyait, l'image incroyable de l'elfe plongeant des dizaines de mètres en dessous. Les falaises étaient si escarpées, si hautes, les risques de mourir écrasé sur la roche en contre bas étaient diablement importants, mais l'image n'en était que plus belle.
- Et ensuite ? Questionna Prince, qui croyait sans doute à moitié que c'était là tout ce que cachait le blond elfe.
J'eus un long frisson, qui me valut une autre déflagration de colère de la part de mon promis, qui se demandait peut-être pourquoi Diable les Dieux
l'avaient affublé d'une fiancée non seulement immature, mais encore imprudente et visiblement infidèle. Je songeai à prendre sa main, mais il le sentit probablement, car il m'en dissuada d'un regard glacé.
- Son cheval s'est mis à fendre l'air. Après un temps d'arrêt, dû à l'étonnement suite à cette nouvelle donnée, je me suis déshabillée moi aussi.
Prince se leva pour faire les cent pas dans le salon, sans doute dans l'espoir de contenir la colère qui menaçait de l'aveugler. Elle l'observa un moment, puis il lâcha d'une voix dure mais maîtrisée :
- Tu as sauté, Yule.
Elle opina.
- As-tu perdu la tête, ma sœur ?
Elle haussa un sourcil, préparant visiblement une phrase à la fois cinglante et mesurée comme son espèce en avait le secret mieux que toute autre.
- Oui, soufflai-je, car elle est amoureuse. Tu l'aurais fait aussi si ça avait été moi qui avais plongé, Prince.
Il me décocha un regard de défi, qui me coupa le souffle. Je relevai le menton, déterminée à lui prouver un jour que j'avais raison.
- J'ai cru mourir en chemin, mais finalement j'ai heurté les vagues, reprit l'elfe aux yeux bleu-gris. J'ai lutté pour la vie et ainsi, très lentement, j'ai réussi à remonter à la surface. Il était là, mort de rire, juste un peu pâle parce que l'eau était glacée. Il a répété plusieurs fois combien c'était magique et j'avoue que la surprise passée, j'ai confirmé, il avait raison. Ensuite nous avons nagé. C'est le plus dur, en fait : rejoindre la plage, lutter contre la houle. Nous avons mis deux heures, à cause des vagues et du froid qui nous paralysait.
J'en aurais été incapable, m'extasiai-je.
Je sentis, par mes dons personnels, que l'oracle s'apprêta à répliquer quelque chose de méchant. Mais il se tut, intériorisant la haine que je lui inspirais à cet instant, qui commençait à vaguement m'inquiéter du reste.
- A mi chemin il a bien vu que je m'essoufflais, poursuivi la première secrétaire. Il m'a ramenée à la plage, de telle sorte que je n'ai pas eu le temps d'avoir peur. Il respirait profondément. Il était bien. Arrivés sur le sable, il m'a portée contre lui, puis m'a étendue au sol. J'étais presque nue, je vous laisse imaginer le frisson qui m'a parcourue. Je me suis redressée et je me suis retrouvée très près de son visage. J'ai voulu l'embrasser, mais un fracas de sabots nous obligés à nous tourner vers là d'où cela provenait. Son cheval s'impatientait. Alors tout sourire il m'a expliqué : sa jument le rejoint toujours en bas et ensuite ils se baignent ensemble comme les complices qu'ils sont depuis bien longtemps. Tout de suite il est remonté en selle, je les ai observés qui entraient dans les flots. C'était très joli à voir. Ensuite nous sommes rentrés en se racontant des histoires de nos enfances.
Elle fit une pause, des étoiles dans les yeux. Je notai que Prince avait renoncé à la convaincre de l'incongru de la situation, au moins pour ce soir-là. Surprenant mon regard, il l'accrocha une seconde, pour jauger ce qui nous unissait encore. Mais déjà, elle reprenait d'une voix un peu plus calme, conformément à l'état d'esprit qui devait être sien à cet instant de l'histoire :
- Il m'a raccompagnée et je lui ai proposé de partager un dîner simple avec moi, il devait être aussi affamé que je l'étais moi-même. Mais il a refusé, il a dit quelque chose comme...
Elle chercha les mots exacts.
- « Je n'entre pas chez une belle femme tant qu'elle ne le désire pas vraiment. » J'ai eu beau m'en défendre, il n'y avait rien à faire, il n'a pas voulu me suivre. Avant de partir, c'était très bizarre, il a fait ce truc...
Elle effleura ses lèvres d'un doigt.
- Avec ses lèvres. De telle façon qu'il ne m'a pas embrassée, il ne m'a même pas touchée. Mais maintenant... Je suis sienne.