manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
Ce ne fut que trois jours plus tard que l’enfant apporta sa réponse. Ils étaient tous attablés autour se racontant leur journée lorsqu’elle déclara :
«J’ai pris ma décision, je vais m’engager.
Anna s’étouffa.
- Tu es sure ? Parce que…
- J’ai bien reçu ta position An, mais c’est mon choix.
- Pourquoi ? fit simplement Soren.
- J’ai besoin de grandir et de me renforcer. Ici je n’affronte pas la vie, je la fuie. »
Il acquiesça à cette explication sans se douter de la motivation réelle de l’enfant. Kiera en avait assez de vivre de l’ombre de Sarah, cette morte qui assombrissait le regard de son père et ses journées. Elle voulait devenir plus forte, assez forte pour vaincre la défunte et enfin voir briller son regard de fierté et non peine. Elle voulait lui faire oublier sa première fille et si pour cela son chemin passait par l’armée alors elle l’acceptait.
« Il ne nous reste que deux mois avant ta rentrée, je vais les mettre à profit pour t’apprendre tous les subterfuges qui te permettront de te faire passer pour un homme, fit Anna résignée.
Kiera acquiesça. Puis la femme se leva de table pour que nul ne puisse voir ses larmes mais avant de partir elle susurra à l’attention de Soren :
- Soit maudit vieil homme, s’il arrive quoique ce soit à cette enfant mon courroux se déchaînera. Tu le payeras très cher»
Ce que Soren appréciait chez sa nurse c’est qu’elle ne faisait jamais de menace en l’air, il savait qu’elle tiendrait parole.
Kiera se leva à son tour mais avant de quitter la table elle demanda à Soren :
«Quel était ton avis ?
- Tu ne devrais pas t’engager. Ce sera trop dur pour toi.»
L’enfant ne laissa éclater sa peine qu’une fois arrivée dans son sanctuaire. Elle voulait tellement lui faire plaisir. Entendant ses pleurs Anna entra sans frapper pour consoler son élève.
«Kiera, fit-elle d’une voix douce, pourquoi pleures-tu ?
- Je ne le comprends pas ! Pourquoi m’a-t-il proposé ce défit s’il souhaitait pas me voir le relever ? Je sais plus !
- Tu parles de Soren ?
Kiera se contenta d’opiner.
- Ton père est un homme bien étrange, il faut savoir qu’il s’est complètement vidé de sa substance quand il a perdu Sarah. J’aurais aimé que tu le rencontres à cette époque, il était plein de joie, il illuminait la vie.
J’espérais secrètement qu’il redevienne ainsi, songea Anna, mais ce ne fut pas la cas, Kiera n’avait pas suffit. Rien ne trahit sa pensée, alors que ces mots cheminaient dans son esprit sa voix continuait à décrire l'homme qu’elle avait connu.
- Il était si beau, le plus beau veuf de la région, je dus chasser milles prétendantes pour pouvoir respirer convenablement. Aucune de ces femmes n’avait sa chance, Soren ne vivait que pour sa fille. Le jour où elle nous fut enlevée Soren aussi est mort, cependant son corps a survécu et aujourd’hui j’ai l’impression que c’est tout ce qui reste de l’homme qu’il a été. Ton père vois-tu es dénué de tous sentiments, seuls ses principes le guident. Jour après jour il prend les décisions qu’il estime les meilleures essayant d’être le plus juste possible selon ses valeurs. Il agit mécaniquement, sans haine, mais aussi sans amour. C’est pour ça qu’il est difficile à comprendre car nous ce sont nos sentiments qui nous gouvernent, on agit certes selon notre morale mais aussi en fonction de ce qui nous semble bien ou mal et de ce qu’on ressent, ton père est amputé de ces choix. Mais j’ai espoir, un jour il aura fini son deuil, un jour il redeviendra entier. Elle sourit à l’enfant, ne t’en fais pas Kiera, la décision que tu as prise est la bonne puisque c’est la voie que tu as choisie, et les raisons qui t’ont poussée à la prendre sont les bonnes. Je te parle des raisons véritables pas celles que tu as données à ton père. Et oui je te connais par cœur mon enfant. Ne t’inquiète pas tu n’as fait que suivre tes émotions, tant qu’elles te monteront le chemin alors tu seras sur la bonne voix. Ça va mieux ?
- Il a dit que j’étais trop faible pour y arriver.
- Ha Soren et ses idées préconçues sur les femmes, il ne tient qu’à toi de lui prouver qu’il a tord ! Dors maintenant demain je t’apprendrais à dissimuler la poitrine que tu n’as pas encore.»
Apaisée Kiera s'enfouit sous les draps convaincue d‘avoir fait le bon choix.