manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
Le destin des immortels - nouvelle publication
Elle hésita à bloquer l'influence qu'il était en train de produire sur elle, mais se donna une chance, lorsqu'elle comprit qu'il était en train de désamorcer le conflit, là où il aurait pu se contenter de la frapper pour lui apprendre les bonnes manières. Elle ignorait pourquoi elle ne louvoyait pas comme les autres épouses de Sofiane. Elle secoua la tête.
- Tes précédentes épouses cherchaient sans doute le pouvoir, ou la protection que tu avais à leur offrir. Je n'ai rien en commun avec elles, conclut-elle après une courte hésitation.
Elle aurait dû en dire davantage. Mais l'immortel savait déjà tout cela. Elle préféra limiter les risques. Shalimar avait passé un temps fou loin de ceux de son espèce. Elle ne jouissait plus de réflexes suffisamment fiables. Il parut réfléchir, comprendre, sans être surpris de sa réponse. Il sembla à la vampire qu'il était déçu.
- Je sais qu'il le faudra, ajouta-t-elle doucement, gentiment, pour se montrer conciliante.
Il hocha la tête en un mouvement franc, qui fit du bien à Shalimar.
- C'est forcément ma fille qui m'a dénoncé, expliqua-t-il, puisque personne d'autre ne savait, mais ce n'est pas ce qui importe. La leçon à retenir est la suivante : l'information s'éloignera toujours plus qu'elle n'aurait dû. Je n'en veux pas à ma fille et son âme repose en paix. Je n'en veux pas non plus à l'ami à qui elle s'est confiée. Je n'en veux pas aux chasseurs. Mais j'en voudrais à celui d'entre nous qui reproduirait mon erreur alors que je vous ai tous prévenus.
Les sons, lorsqu'il prononça ces derniers mots, parurent résonner dans la pièce autour d'eux. Le regard de Sofiane sur elle la brûlait désagréablement. Ce n'était pas la menace qui prédominait dans la ton de sa voix, mais beaucoup de sentiments mêlés, dont plusieurs qu'elle ne voulait pas identifier. L'immortelle hocha la tête gravement, comprenant enfin. Sa fille devait l'aimer, simplement elle avait une amie intime à qui elle avait tout dit, et ainsi de suite. Plus l'information avait voyagé, moins on l'avait comprise. Finalement en bout de chaîne on avait pris peur. Si sa fille avait pu créer cet engrenage, alors Sloan le pourrait aussi, évidemment. Déjà toute sa chambrée ainsi que Claudia sauraient dès que la vampire aurait le dos tourné. La chaîne commencerait, avec au bout l'échéance fatidique. Elle s'en moquait, elle pouvait se défendre. Mais maintenant elle avait juré d'être loyale à son peuple, et cela allait de soi.
Ils sortirent donner la lettre et rentrèrent avec la réponse. Puis la routine s'installa. Les lettres s'échangeaient, de plus en plus longues. Si elle en savait de plus en plus sur Sloan, elle avait la satisfaction de constater qu'elle avait de moins besoin de lui mentir, car sa vie était devenue presque ordinaire. Même si elle était prisonnière d'un clan auquel elle n'avait pas réussi à échapper. Elle lui racontait le travail qui se prêtait bien à être narré, le courrier des lecteurs d'un magazine féminin c'est toujours tordant. Elle lui racontait aussi les loisirs. Car il y en avait des masses. Effectivement Sofiane était un compagnon fabuleux : expositions, musées, cinémas, balades, restaurants, verres, patinoires, bowlings... Mais elle n'avoua pas au garçon son admiration pour cet être qui ne l'avait jamais touchée. La nuit il se coulait toujours contre elle et elle paniquait toujours, mais jamais il n'avait exigé plus d'elle que cette chaste étreinte.
De son côté Sloan devenait un garçon populaire. Il avait appris à se gorger des mots de l'immortelle pour grandir, au lieu de pleurer son absence. Un seule fois depuis un an elle l'avait vu pleurer tout son soûl, alors qu'il était seul dans sa chambre, les autres préparant ensemble son anniversaire. Il lui écrivit sans détour qu'elle lui avait manqué encore plus ce jour-là. Ses courriers finissaient toujours par « Quand est-ce que je te vois ? », du reste, et chaque fois elle répondait « tu ne peux toujours pas me voir, garçon, je suis désolée ». L'année suivante le même jour elle laissa une gourmette à sa fenêtre. Fou de joie il avait montré l'objet à tous ses amis, hystérique. Maintenant lorsqu'il allait mal il regardait le bijoux qui portait leurs noms et il ne pleurait plus.
Mais une chose le fit replonger. Ses dix huit ans. Ce soir-là les autres lui firent la fête jusqu'à pas d'heure. De son côté, elle était arrivée avec Sofiane, qui la suivait tous les jours depuis des années, en sachant qu'elle courait à sa propre perte, mais que c'était faisable. Elle observa l'adolescent qu'il était devenu. Il était bien bâti et beau garçon, comme elle l'avait pressenti. Il était effectivement le brun ténébreux qu'elle avait prédit, avec ses cheveux lisses un peu longs qui lui tombaient dans les yeux, comme autrefois. Sofiane, volatile de la nuit, posa le mot et recula pour que Sloan le prenne.
Et elle se dégonfla. Elle récupéra la missive qui promettait qu'ils se revoient ce soir-là. Puis elle s'envola à tire d'ailes. Arrivée au sol elle voulut griffer le mot pour que le chef des vampires ne voit jamais qu'elle avait failli flancher, mais il la percuta et récupéra le papier avant de se diriger vers la voiture. Elle hésita. Soit elle le suivait et serait torturée pendant des heures, soit elle reprenait sa vie d'avant et elle serait sauve.