manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
Le destin des immortels - nouvelle publication
Elle hésita. Soit elle le suivait et serait torturée pendant des heures, soit elle reprenait sa vie d'avant et elle serait sauve. Elle songea à l'éternité seule à se cacher, d'un côté, et à vingt-quatre heures d'atroces souffrances, de l'autre, avant de reprendre sa confortable et douce vie auprès d'un homme beau, bon époux et puissant. Enfin elle songea que de toute façon, il la retrouverait. Il l'avait bien fait surveiller chaque jour avant aujourd'hui, la preuve en était qu'il avait su qu'elle avait sauvé un gamin d'une chute depuis le dix-huitième étage. Elle ignorait comment il s'y prenait, mais de toute façon, elle aurait tôt ou tard ses vingt-quatre heures de torture.
Elle le rejoignit à la voiture. Elle entra par la porte ouverte et se cala sur la plage arrière, chauve-souris apeurée.
- Je ne démarrerai pas avant que tu sois habillée sur ce fichu siège en cuir, Shalimar, siffla-t-il de sa voix inhumaine.
C'est alors qu'elle se mit à trembler. Violemment. Assez rapidement elle eut l'impression d'avoir froid, alors que de par sa nature, c'était impossible. Finalement, elle expira profondément, puis sortit à tire d'ailes. Elle reprit forme humaine, puis s'assit enfin près de lui. Elle tendit son corps afin de réduire l'ampleur de ses tremblements. Il passa la première puis les ramena à la maison. La panique la rendait maladroite : il l'empêcha plusieurs fois de tomber, l'air toujours aussi froid. Elle ne cessait de se dire que son attitude n'était pas digne d'elle, qu'elle était immortelle et devait feindre d'être sûre d'elle. Il pouvait parfaitement la tuer. Mais elle aurait dû lui faire croire qu'elle ne s'en apercevait pas. Pourtant elle n'y parvenait pas. Bien plus tard elle se rappela que c'était une réaction normale : les vampires craignaient Sofiane plus que la mort elle-même.
Lorsqu'ils arrivèrent chez eux il lui servit un verre de punch mais elle ne put pas s'approcher pour le boire. Elle était paralysée à quelques pas du bar.
- Viens ici, siffla-t-il. De toute façon je peux te faire très mal d'où je suis, tu le sais parfaitement.
Mais elle ne pouvait pas bouger. Ses membres ne lui répondaient pas. Elle tenta de le dire mais seul un charabia franchit le seuil de ses lèvres. Alors il but une rasade seul avant de lui demander :
- Pourquoi donc n'es-tu pas allée au bout du plan ?
Lui revinrent à l'esprit les mots qu'elle avait tracés pour le jeune garçon : « Joyeux anniversaire, Sloan, cette nuit je serai là avec toi. Mon frère ne pourra pas entrer, nous serons donc en sécurité. ». Elle avait ajouté ces phrases après qu'il eût relu, alors qu'il mettait ses chaussures, avant de partir. Elle dut s'y reprendre à six fois exactement avant d'arriver à articuler :
- Ç'aurait été le meilleur anniversaire qu'il aurait jamais eu, je serais devenue femme et j'aurais passé la soirée avec lui. Tu n'aurais pas pu l'empêcher, n'ayant pas été invité à rentrer contrairement à moi, et je me disais que j'allais sûrement mourir par tes soins en rentrant, mais au moins il aurait eu ce qu'il attendait depuis neuf ans.
Elle fit une pause. Les mots sortaient clairement, à présent. Elle se sentait soulagée. Il l'observait d'un regard glacial, mais tant qu'elle parlerait, son heure n'aurait pas sonné. Elle jouissait de ce court délai.
- Mais au dernier moment je me suis dit que si je faisais cela, non seulement il n'aurait plus jamais de lettres de ma part de toute sa vie, et à choisir, il valait mieux ne pas pouvoir me voir que ne plus jamais pouvoir me lire. Mais en plus j'ai compris que tu risquais de supprimer toute la chambrée après ça, et cela je ne me le serais jamais pardonné. Voilà, je ne vais pas te mentir en te disant que j'ai voulu protéger la meute. Ça n'a rien à voir avec elle. Dépêche-toi de frapper, ou je vais mourir de peur avant.
Il patienta quelques secondes, sans cesser de la fixer, probablement simplement pour ordonner dans son esprit ce qu'elle venait de dire, pour en tirer toutes les conséquences.
- Dommage que cela ne compte pas parmi les moyens de tuer un vampire.
Il posa son verre et sa voix retentit comme un glas dans l'esprit terrifié de la vampire. Il s'approcha et elle tenta de fuir, mais comparée à lui, elle paraissait d'une lenteur ridicule. Sofiane l'attrapa et la plaqua contre le mur. Elle avait certes eu peur de la douleur physique. Mais lorsqu'il arracha ses vêtements jusqu'aux dentelles qu'elle portait dessous sa panique fut sans bornes. Elle se mit à hurler tout son soûl tandis que du genoux il lui écartait les jambes.
- Chhh, cracha-t-il en interrompant son geste, on va t'entendre.
Elle aurait fait n'importe quoi, même si c'est difficile à comprendre.