manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
Le destin des immortels - nouvelle publication
- Pardonne-moi, garçon, murmura-t-elle encore.
Puis elle lança la jument à la suite de la meute, se repérant à l'odeur.
La veille de l'arrivée, la meute était de bonne humeur et jusqu'à tard après l'aube on entendit quelques couples fêter ça à l'ombre des arbres entrelacés. Chaque matin Shalimar avait dû prendre sur elle pour laisser Sofiane prendre toujours un peu plus ses aises sur son corps. La dernière fois il lui avait semblé que s'il avait été jusqu'au bout ça n'aurait pas été pire. Ça avait toujours été des moments difficiles pour elle et il lui tardait que ça se termine.
Comme tous les matins Sofiane se changea finalement en loup, signal qui fit revenir Sloan comme toujours. L'humain s'endormit contre la fourrure de Shalimar, tandis que mon museau restait profondément enfoui dans celle de son chef de meute. Rongée par la culpabilité, elle se demanda encore quand l'humain cesserait de supporter cette situation. Son esprit divaguait ce matin-là. Les yeux résolument clos, elle voulut faire le point. Mais le sommeil la surprit, sans crier gare.
Le froid et le noir encerclaient Shalimar. Elle fronça les sourcils dans son sommeil. Les bras serrés contre elle dans son rêve, elle était nue, crispée dans une tempête de neige invisible. Les rafales la brûlaient de leurs assauts glacés. Sa substance-même disparaissait inexorablement, avalée par le vent, attirée par le néant. Un bruit derrière elle la surprit, elle se retourna précipitamment. Mais elle n'existait déjà presque plus. Les yeux couleur acier de son chef de meute la transpercèrent, comme l'instant précédent, l'avait guettée la mort. Il prononça son nom et aussitôt, un désir mordant lui contracta le ventre. Elle se glissa vers lui, sûre que contre sa peau inerte, le froid et son trépas cesseraient de la faire souffrir.
- Réveille-toi, murmura Sloan.
Elle se redressa sur ses pattes, tremblante. Les rayons de soleil perçaient l'ombre des arbres. Elle posa les yeux sur lui. Puis elle les écarquilla, le souffle court. C'était cela. Il était la vie et le jour, là où Sofiane était la mort et l'obscurité, comme elle.
- Tu as fait un sacré cauchemar, lui expliqua le jeune homme.
Elle hocha sa tête canine, puis se recoucha. Ses tremblements ne cessèrent pas, pour autant. Comment pouvait-on exiger d'elle qu'elle choisisse la mort, où elle était reine, ou la vie, qu'il voulait lui offrir?
Le soir venu, tout reposait sur les épaules de la vampire. Devant les agents immobiliers son discours était bien rodé. Très en retard, elle s'excusait pour son arrivée à cette heure un peu tardive. Elle les remerciait de l'avoir attendue malgré la fermeture de la boutique. Au regard du montant des achats c'était évident qu'ils attendaient un peu, en réalité. A vingt heures trente elle avait toutes les clefs dans la grande besace achetée avant tout. Elle s'amusait de voir les professionnels plisser le nez en la sentant arriver. Elle s'était procuré des vêtements propres, mais son propre corps laissait un peu à désirer. Les rivières n'étaient pas si efficaces sur le plan de l'hygiène.
Ensuite elle arpenta le quartier où ils avaient acquis les logements avec à chaque fois une nuée de chauves-souris au-dessus de la tête, très haut dans le ciel nocturne, tandis que Sloan l'imitait de son côté. Ils y consacrèrent la nuit. Lorsque l'aube se leva, les trois âmes épuisées entrèrent dans leur appartement sentant le neuf, puis s'étendirent par terre, au milieu du salon vide.
- C'est moins confortable que l'herbe, s'étonna Sloan.
Ils rirent doucement, ivres de fatigue.
- C'est certain, le parquet c'est raide pour dormir, convint Sofiane.
- Tu devrais te reposer, garçon, conseilla l'immortelle. Tout à l'heure c'est toi qui te lèves, il faut trouver un centre équestre pour Lady-Faith. Je pense qu'il ne faudra pas tarder, les habitants de la résidence vont vite s'inquiéter qu'une jument broute l'herbe bien verte et les buissons fleuris.
Un court silence s'établit, si bien qu'elle crut naïvement qu'il l'avait écoutée.
- Avec quels papiers irai-je, boss ?
Le vampire grogna :
- Tu devras aller chez Victor, d'abord. Je ne peux même pas l'appeler, ni lui ni nous n'avons encore de téléphones.