manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
- Tu devras aller chez Victor, d'abord. Je ne peux même pas l'appeler, ni lui ni nous n'avons encore de téléphones. Shalimar t'accompagnera sous forme de chauve-souris.
Le pic de stress qu'il diffusa fut suivi d'un calme plat que la vampire admira. Elle lui coula un regard chargé d'affection. Il tendit le bras pour attraper sa main et l'attira vers lui. Elle le sentit mal assuré.Cela la fit fondre. Glissant sur le parquet elle se perdit une nouvelle fois en interrogations. Il glissa un bras sous sa nuque et en un rien de temps elle s'installa contre son corps. Elle ferma les yeux. La chaleur de son corps, le bruit de ses battements de cœur la firent chavirer. Elle avait faim. Et un danger rodait dans la pièce. Elle ouvrit grand les yeux sur le brun foncé des siens puis posa une vague caresse sur son visage. Il prit cette main pour en embrasser la paume, un brasier dans les yeux. Elle avait faim. Et quelque-chose de dangereux planait alentour. Il se redressa vers elle pour l'embrasser. Son corps vibrait au rythme de son pouls. En un instant elle fut au-dessus de lui, le dévorant du regard, l'esprit réduit à ses instincts primaires. Elle nota, dans un second niveau de conscience, que l'alerte qui la menaçait avait disparu. Sloan l'interrogeait du regard. La voix de Sofiane claqua, quoi que d'un volume tout juste suffisant pour que l'humain discerne ses mots.
- J'aimerais que tu évites ce genre de choses, Shalimar.
Le ton était sec, c'était le chef qui parlait. La morsure pouvait produire un lien avec la victime, d'ordre affectif, qu'il ne souhaitait pas entre sa vampire et le jeune homme. C'était parfaitement légitime, jugea l'immortelle, dont le raisonnement était pour l'heure celui d'une chasseresse glaciale. L'interdiction voilée transperça donc les brumes félines qui s'étaient abattues sur son cerveau affamé. Elle secoua la tête en réalisant :
- Pardon...
Elle s'ébroua. Puis elle s'entendit pousser un sifflement félin. Le jeune homme laissa échapper une onde de stress, qui attisa ses instincts de prédatrice. Elle passa les deux mains sur son visage, puis elle secoua la tête. Elle se glissa près de Sofiane, puis ferma les yeux.
- Pardon, Sofiane, répéta-t-elle confusément, très soumise.
Dans le présent état, elle n'était plus la créature solitaire, elle appartenait à une espèce régie par l'autorité d'un chef. Il dirigea vers elle des ondes de satisfaction, qui lui firent du bien. Elle s'était couchée dos à lui, en position fœtale. Il passa un bras en travers de son torse à elle, mais ne le posa pas contre elle. Sa main tournée paume vers elle, il attendait qu'elle l'accepte sur elle. Elle posa sa propre paume contre le dos de sa main et l'attira contre son cou. Elle ferma les yeux et s'endormit aussitôt.
- Bon appétit, dit le chef de meute.
Elle s'éveilla tout à fait, les sourcils froncés. Cela sentait le sang. Elle s'assit et chercha la source, affamée. Il lui tendit un grand verre, auquel elle but avidement. Elle l'interrogea seulement du regard, non désireuse de sortir trop vite des brumes du sommeil. Sofiane était allé chasser en début de soirée et lui avait extrait son dîner. Il était vingt-deux heures. Elle regarda alentours, troublée. On l'avait étendue sur un divan blanc comme celui qu'avait Sofiane. Une télé gigantesque trônait devant, avec toutes sortes d'appareils dont une console dernier cri, évidemment. Un tapis rouge sang supportait les fauteuils moelleux. Relevant le nez elle observa les murs blancs, les grandes fenêtres et leurs rideaux rouges, les meubles majestueux et noirs, et bien plus loin, la cuisine-bar, remplie de la pointe de la technologie. Le bar en marbre attirait l'œil. Elle se leva avec douceur et se rendit à la première chambre. Les meubles noirs habillaient aussi les murs blancs, et la grande fenêtre devait être derrière les épais rideaux pourpres. Un lustre majestueux et un lit à baldaquin rendaient les lieux féeriques. Elle entra dans l'autre chambre, dont les couleurs étaient inversées. Les murs étaient noirs et tout le reste était blanc, sauf les draps et le lustre rouges. Les salles d'eau aussi lui parurent agréables et aux couleurs inversées.
- Fantastique, souffla-t-elle. Vous en avez fait un très bel endroit.
L'humain n'avait pas attendu qu'elle parle pour paraître comblé de ses réactions. L'immortel conserva quant à lui son air satisfait et princier.
- Lui tout seul, sourit Sofiane. Et les livreurs, aussi. De mon côté ce soir j'ai apporté l'argent à un couple qui va le faire circuler cette nuit. Victor demande deux jours pour nous donner nos papiers – il s'attaquera à ceux du reste de la meute plus tard. Pendant ce temps on va se chercher des offres d'emploi.
Elle patinait un peu. Sloan était beau, il sentait le parfum. Il avait passé des vêtements neufs, qui en faisaient un ado craquant. À l'inverse Sofiane lui paraissait habituel. Elle l'avait préféré dans les bois. Serein, il perdait du charme qu'elle avait apprécié pendant ces deux jours.
Un silence s'apesantit. Elle réalisa qu'elle devait se ressaisir.