manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
Résumé du péché pour leur vie.
La panthère me regarda, grave soudain.
- D'après ce qu'on m'a dit ni Claire ni Cristal ne me donneraient un ordre de cette façon, de surcroît, murmurai-je.
Prince secoua lentement la tête, j'avais raison.
- Ce n'est pas elles, n'est-ce pas ? Conclus-je.
Non, fit-il de la tête. Pensive, je n'avais plus envie de chasser, j'allais me contenter du masseur.
- Toi aussi, Prince, d'accord ? Conclus-je un court soliloque.
Il s'y résigna. Je souris tendrement avant de promettre que le lendemain nous irions courir quoi qu'il advienne. Une lueur de bonheur traversa ses grands yeux dorés, ainsi nous rentrâmes à la maison. Je commandai les masseurs mais en attendant j'offris un câlin digne de ce nom à la panthère, ainsi qu'un bon repas. Pour ma part je n'avais pas grand faim, aussi grignotais-je de la crème glacée quand on sonna à l'interphone.
La soirée fut délicieuse, les masseurs étaient experts. Le champagne rosé se révéla d'un délicieux effet, tant aux papilles que sur mes nerfs. Seulement lorsque je l'eus achevé je renvoyai comme convenu le moins beau, en prétextant que j'avais une proposition de contrat pour l'autre. Mais celui-ci se révéla d'âme pure, alors je me contentai de l'hypnotiser pour boire proprement son sang et en donner à Prince. Vous vous interrogez sur cette histoire d'âme pure ? C'était simplement ma façon de qualifier les hommes qui ne prenaient pas les femmes pour de la viande, qui avaient des principes, une éducation.
Lorsqu'il partit sans se souvenir de rien, nous gagnâmes le lit, le félin et moi, où nous nous enroulâmes l'un contre l'autre. Je caressai son pelage de soie ; il ronronna de longues minutes. L'instant d'après le réveil sonna ; aussitôt je me levai pour partir travailler.
La journée ne fut pas aussi bonne que la veille, je n'eus que peu de visiteurs ; je ne vendis rien. C'est comme cela quand on vend du luxe. Mais cela n'avait aucune importance, j'étais à l'aise financièrement. Je ne m'ennuyais jamais : même si personne ne venait, j'avais toujours Prince.
J'avais pensé deux trois fois que le rendez vous était pour ce soir, mais on s'était trompé de cible, voilà tout. Aussi
sortis-je chasser l'âme en paix. Rassasiés, nous prîmes la voiture, mon félin et moi, direction la mer. J'aimais l'hiver, car je pouvais sortir ainsi dès la fin du travail, tandis que l'été il fallait passer une bonne partie de la soirée chez moi avant de pouvoir le faire. Satanés rayons de soleil...
La mer nous fit un bien fou, ne craignant pas le froid et je m'aperçus avec consternation que j'avais été tendue depuis la veille. C'était frustrant de ne pas savoir ce qui se tramait. Enfin dans les vagues Prince et moi pouvions nous détendre à souhait. Trempée, je m'offris une course effrénée derrière lui, me laissant griser pas la vitesse et le vent qui fouettait mon visage. Ce visage dont je ne me rappelais plus. Je savais seulement ce que disaient mes amants : que j'étais plus belle que tout ce qu'ils avaient jamais vu. Cela ne me disait pas à quoi je ressemblais. Mais pour l'heure je chassai cela de mon esprit. Je courus, me roulai dans le sable avec ma panthère, me baignai, et nageai, jusqu'à sentir qu'il était l'heure de retourner à la civilisation.
Cette nuit-là fut courte : j'entrai chez moi à six heures du matin, or je prenais à dix. Mais Dieu merci les visiteurs me tinrent éveillée. C'était pour un cadeau à une riche jeune femme. L'homme vint, revint accompagné, puis ses amis passèrent sans lui. A la fin de la journée, je savais tout du couple, mais j'avais surtout vendu une bague, parmi les moins chères que j'avais. Tout le monde ne peut pas s'offrir l'exceptionnel.
Aussi lorsque je sortis chasser j'avais le cœur léger. Dans ma boutique le moins cher suffisait à rentabiliser la journée. Je passai plusieurs heures à enchaîner les proies. Mais au milieu de la nuit je sentis le danger. Je m'immobilisai puis humai l'air, comme Prince l'avait déjà fait plusieurs fois sans que j'y aie prêté attention. L'adrénaline me monta lorsque je fus certaine que dans cette sombre rue, nous n'avions pas un, mais des dizaines d'ennemis. La cloche d'une église sonna quatre heures du matin quand ils apparurent. Des monstres, comme celui que j'avais vu l'autre fois. Impossible de savoir combien il y en avait, ils étaient trop nombreux. Et bien-sûr à cette heure, il n'y avait pas un passant, à vrai dire je chassais là où je ne risquais pas d'être dérangée.