manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
Résumé du péché pour leur vie. *
Je croisai mon homme qui venait relayer Claire. Comme il tenait le président, qui d'ailleurs était blessé superficiellement en de nombreux endroits, ce qui prouvait qu'ils s'étaient battus, je ne pus pas lui sauter au cou. Je ne pouvais même pas lui dire combien j'étais heureuse que celui que j'aimais fût ici avec moi. Alors seuls nos regards se dirent des mots doux. En les dépassant mon cœur se serra, j'eus préféré rester avec lui. Je me retournai mais il ne le fit pas, c'eût été dangereux.
Au nord je sifflai Mistral, car l'attente serait plus douce avec elle. Les vampires s'évertuaient à enfoncer la grande porte du château fort. J'avais de la chance qu'aucun ne disposât d'une licorne ou d'un dragon. Finalement il n'était peut être pas bon de faire cadeau à ceux que je comptais choisir pour cela, les créatures de fable que je voulais voler aux chevaliers. Je cherchai dans les masses qui se pressaient contre la porte et les murs, dans l'espoir de trouver une
faille. Mais je ne reconnus personne.
Dans un éclair de lucidité je m'imaginai moi-même, jeune femme de vingt ans à peine. Une brunette aux épais cheveux noirs jais et bouclés, aux yeux noisette rougis par la fatigue. Ma peau basanée tranchait avec la couleur chaude et pâle de la robe un peu décolletée. Elle volait autour de mes jambes. Je me vis donc plantée tout en haut du château fort, mes cheveux volant au vent, regardant l'air apaisé la foule qui s'évertuait à forcer la porte. Près de moi la créature de conte de fées, d'un blanc nacré, me regardait de ses yeux couleur rubis, pleins d'amour, tandis que je flattais son cou. Les hurlements en contre bas couvraient le son de ses ronronnements, mais je savais qu'ils raisonneraient du fond de sa gorge, si seulement le silence pouvait nous entourer.
Par moments elle jetait des coups d'œil en contre bas et ses yeux se rouvraient en grand. Mais elle ne se laissait pas longtemps distraire par l'agitation vampirique. Tout cela ne la concernait en rien, voilà l'impression qui émanait d'elle.
Pour ma part je me sentais presque apaisée, car ici personne ne risquait d'être tué en principe. Mais ce n'était pas certain, aussi ce calme apparent n'était il que le résultat de mes efforts pour vaincre l'appréhension.
Bientôt la porte céda, faisant bondir mon cœur. Les vampires entrèrent par centaines dans la cour intérieure et s'attaquèrent à sa seconde porte. Après celle-ci il ne resterait plus que le fin battant des appartements, pour les retenir de tuer les deux chevaliers et le président. Le sort qui les empêchait d'entrer faute d'invitation fonctionnerait-il en dépit du nombre ?
Je songeai à conseiller aux autres par téléphone de bien garder chacun dans ses appartements, pour que cela aie une chance de marcher, mais je ne voulus pas les déconcentrer. Ils devaient garder leurs otages sous contrôle, ce n'était pas une mince affaire. Faites qu'il ne leur arrive rien, telle fut ma prière quand la seconde porte lâcha. Le cœur battant, je sentis la peur m'envahir. Et s'ils se retournaient contre moi lorsqu'ils découvriraient le pot aux roses ?
Les hurlements se rapprochèrent. Ils montaient les escaliers à la recherche des habitants des lieux. Une éternité passa ainsi. Enfin un petit groupe se présenta devant moi. Ils me braquèrent de leurs yeux avides de sang, puis une voix fusa :
- C'est Cristal, notre ange, les gars, que personne ne lui fasse de mal !
Alors leur regard glissa sur Mistral. Ils revinrent à eux, c'est l'impression que me donna la scène, lorsqu'ils quittèrent enfin leur mine guerrière. La folie meurtrière qui les hantait avait failli effacer de leurs souvenirs mon identité elle-même. Ils tournaient les talons mais je sortis de ma torpeur :
- Attendez ! Hurlai-je d'une voix effrayée que je ne reconnus pas. Arrêtez ce coup de folie, ne voyez-vous pas que non contents de rater votre cible, vous donnerez des raisons supplémentaires de vous faire haïr ?
- Désolés, mon ange, dit un très jeune homme, mais si au moins on a leur peau ce soir, nous serons tranquilles quelques années.
- Une nuit tout juste ! Pestai-je.
- Estimez-vous heureuse si personne ne vous hait de vous être opposée à nous demain matin. Il y a eu quelques morts. Avez-vous oublié vos belles intentions ?
- Bon sang, hurlai-je de rage, si vous aviez tous respecté ma volonté, personne ne serait mort ce soir ! Portez cette parole, crachai-je ! Tremblante de rage.