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Centaure d'un dieu, tous les articles.
- C'est Gareth. Je te tiens au courant pour la suite.
Ma gorge se serra atrocement jusqu'à ce que le hoquet m'étrangle. Faisant demi-tour, il me le fit passer l'air absent. Mais dès que j'entrai dans la chambre, de nouveau je crus m'étouffer. Lara hurlait, accrochée au lit. Elle tentait d'échapper au médecin qui la suppliait d'accepter un calmant. Au-delà du couloir, Liam était assis, l'air mort. Je le rejoignis et m'agenouillai. Mon corps trop grand se posa sur le sol, du plus doucement que j'en fus capable. J'enlaçai le guerrier, mais il ne réagit pas.
Je demeurai ainsi quelques secondes face à lui, ses deux mains glacées molles entre les miennes. Je cherchai son regard abyssal, mais je n'y trouvai que vacuité. Finalement, je me relevai pour me tourner vers Lara. Le blonde aux yeux émeraude déchiquetait avec une force surhumaine les draps, méthodiquement, en hurlant comme si elle avait perdu la raison. C'était la douleur qui lui donnait ces forces. Je lui fis face en m'attendant au pire.
- Lara, fis-je d'une voix bien plus forte que moi, on va trouver une solution. On le sauvera, Lara, quoi qu'il en coûte, tu m'entends ? On le ramènera, même s'il faut le faire dans l'au-delà. Il ne méritait pas cet atroce destin. Il doit donc y avoir un moyen de l'en extraire.
Elle s'était figée. Me sentant épiée de l'autre côté je tournai la tête dans cette direction et faillis vaciller sous le regard accusateur de Liam. Ses yeux m'accusaient de beaucoup trop de paroles, gestes et attitudes pour que je puisse le supporter. J'écartai ces données.
- Mais comment ferions nous ? Haleta-t-elle, hagarde.
Discrètement le médecin battit en retraite : nous étions peut être folles mais nous n'étions pas dangereuses, ni pour nous mêmes ni pour autrui.
- On trouvera, assurai-je. Que font ils du corps, en ce moment même ?
- On le prépare pour la mort, bien sûr, fit-elle un peu hystérique.
Je ne demandai pas plus d'explications, songeant que ce n'était pas le moment. Maladroitement, elle descendit du lit et tout aussi gauchement, je l'enlaçai. Puis elle s'écarta en cherchant avec espoir quelque chose dans mes yeux, qui prouverait que j'avais des chances de parvenir à le ramener. Enfin des gens arrivèrent et l'entourèrent comme un cocon protecteur : ses amis, sa famille. Ils l'emmenèrent loin de la chambre du défunt. Un long frisson me parcourut : je finirais bien par réaliser que Gareth n'était plus, que deviendrais-je alors ? Sursautant de tout mon être, je baissai les yeux sur les doigts qui enlaçaient les miens. Liam m'avait rejointe et pleurait sur mon ventre, me serrant comme une bouée de secours. Je caressai longtemps ses cheveux, heureuse qu'il ne m'en veuille pas d'espérer et de voler son deuil à Lara. Au milieu de ses pleurs il m'expliqua :
- Ils venaient de s'aimer. Leurs corps se sont détachés et ils se sont blottis l'un contre l'autre. Mais il n'a jamais rouvert les yeux. C'était terminé. Pourquoi à cet instant, à ton avis ?
- Peut-être devaient ils s'unir avant qu'il ne s'en aille. Mais je maintiens : on le ramènera. Toi qui vois mieux que nous, ne vois-tu rien à ce propos, même de flou ?
Il secoua la tête. Finalement j'eus envie de m'isoler.
- Je dois aller prendre l'air toute seule un moment, Liam, si tu veux je t'accompagne où tu veux d'abord ?
- Ne me laisse pas, gémit il.