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Centaure d'un dieu, tous les articles.
- Réponds donc aux questions que tu m'as posées, me pressa le prince. Ainsi qu'à celle-ci : de quoi as-tu peur ?
Lorsque je fouillai mon esprit, beaucoup de peurs m'assaillirent, des craintes ancestrales, qui étaient propres au cheval : les prédateurs, les risques de la migration à la recherche de foin, les difficultés de l'enfantement. Je dus fournir un effort considérable pour me souvenir de l'autre dimension de moi-même.
- J'ai peur... Des responsabilités qui m'incomberont là bas.
Cela ne parut pas le surprendre. Je jetai un coup d’œil à Joyce, qui nous dévorait alternativement du regard, buvant nos paroles. Je me demandai jusqu'à quel point il comprenait que c'était sur ma planète que nous allions atterrir, que c'était sur les cendres de ma civilisation que nous nous apprêtions à nous établir.
- Pourtant ce n'est rien de difficile, tu verras, affirma le prince. Ce sera juste prenant, à mon avis, mais je pense que tu te prendras au jeu. Imagine, le boucher du palais : alors, ce rat jaune est il comestible ?
Je parvins à sourire.
- Il ne trouvera pas de tels rats, contrai-je simplement.
- Vous n'avez pas de rats ? Quel est l'équivalent chez vous de cet animal qui mange les restes des humains ? Demanda le garçonnet.
Je tendis la main pour caresser ses cheveux. J'aimais sa voix douce, elle me rappelait que là-dehors, des gens pourraient adoucir mes pensées.
- Nous en avons mais il sont gris, noirs ou blancs. Certains humains se plaisaient à les domestiquer.
L'héritier et l'enfant plissèrent le nez de la même façon. Je ne doutais pas qu'il s'agît simplement d'un mimétisme de la part de Joyce.
- Comme quoi les deux planètes sont différentes. On dit aussi qu'il y a de grandes étendues d'eau, comment ça s'appelle, déjà ? Demanda le garçon.
De nouveau, les larmes me vinrent aux yeux. S'ils continuaient, ils allaient réussir à me faire réaliser que j'avais perdu mon présent ; que lorsque je reverrais la Terre, plus rien ne serait comme avant.
- Des océans et des mers? Tentai-je doucement pour que ma voix ne me trahisse pas.
- Voilà ! Nous n'avions que des rivières sur Xivia, expliqua le dieu.
L'enfant s'était tu. Sa bonne humeur avait disparu lorsqu'il avait remarqué la première larme qui avait roulé sur ma joue. Je n'avais pas pu la retenir. Gareth passa une main délicate dans mes cheveux sombres. Je la pris entre les miennes. Il serra mes doigts.
- Je vous apprendrai à prendre les vagues, souris-je à travers mes larmes.
- Ta planète te manque, Aliénor ? Demanda l'enfant.
Je passai encore deux bonnes heures à parler des océans et des mers, j'avais tellement besoin qu'ils restent près de moi ! Mes expériences personnelles, les marées, les mythes, les animaux qui y vivaient-Gareth ne connaissait aucun équivalent sur Xivia de nos mammifères marins ! Tout y passa dans le désordre. Je me réjouis avec lui du fait qu'ils auraient probablement proliféré, en l'absence de pêche ou de pollution. Puis je suppose que je m'endormis car lorsque je revins à moi j'étais seule dans la pièce blanche.