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Centaure d'un dieu, tous les articles.
- Je vais régler le souci plus simplement, trancha-t-il alors que Liane feulait méchamment.
Je me sentis à présent terriblement sale. C'était cet être sans cœur, que j'avais laissé toucher ma poitrine offerte. Il me tardait soudain de frotter cette partie de mon cœur au savon pur.
- Non, grognai-je, c'est inutile, ce sont de pauvres bêtes qui ont juste perdu leurs maîtres. Écoute-moi, Liam.
Il me coula un rapide regard pour évaluer mon état.
- Hips ! Je vais régler le problème, fais-moi confiance, je t'en prie, implorai-je hésitante.
Mais je voyais bien que le guerrier voulait tuer ce soir. Je me mis à trembler, mon dos équin s'agitant régulièrement de larges frissons.
- Je veux parler à Gareth, demandai-je à mon téléphone.
- Bien, répondit-il de la voix du dauphin
A présent, celle-ci ne m'apparaissait plus du tout rassurante. J'aurais voulu entendre celle de Gareth. Lui comprendrait tout de suite, j'en étais persuadée.
- Oui, Aliénor ? Me répondit celui-ci.
Tout mon corps se détendit, comme si j'étais sauvée d'un grand malheur. Mais à cet instant, je ne pris pas le temps de culpabiliser.
- Peux-tu faire envoyer de la viande cuite dehors ? Nous avons un groupe de chats affamés dans les pattes et sans cela nous risquons un accident en rentrant au vaisseau.
- Tout de suite, s'empressa-t-il d'accepter.
Les petits félins n'étaient plus qu'à quelques mètres de nous maintenant. Les oreilles en arrière, les crocs exhibés, ils s'entraînaient les uns les autres.
- Il ne faut pas avoir peur, dis-je au guerrier, car ils le sentiraient. S'ils avaient voulu nous attaquer ils l'auraient déjà fait. Nous devons dégager une odeur qu'ils ne connaissent pas, ils viennent voir si nous sommes dangereux pour eux ou leur territoire.
Il ne me répondit pas. Je ressentis l'envie désespérée de le secouer en l'accusant de m'avoir bernée. J'avais cru en lui, mais à présent il semblait apparaître à mes yeux sous sa vraie nature : un guerrier sanguinaire se délectant à l'idée du sang versé.
- Pourquoi de la viande cuite ? Me questionna-t-il comme s'il avait lu dans mes pensées.
Je me demandai un instant s'il était possible que lui apprécie particulièrement la viande crue. Je savais que c'était une pensée déplacée, mais elle me colla longtemps à la peau.
- Pour qu'ils soient attirés par l'odeur, articulai-je d'une voix atterrée.
Déjà Gareth posait le festin à une dizaine de mètres de l'appareil. Comme rien ne se passait il recula, affin qu'ils aient la voie plus libre. Les chats hésitèrent, alors le prince recula encore. Enfin, ils finirent par bondir sur la nourriture, d'abord timidement, puis de plus en plus nombreux. Liam jura en courant derrière les petits félins qui se précipitait vers son frère. Je poussai un soupir de soulagement en voyant les animaux se démener pour avoir chacun sa part. Il y en avait une petite dizaine :
- Il y en aura assez pour tout le monde, dit le beau prince la voix douce.
- Merci, Gareth, soupirai-je d'une voix aimante.
Liam se résigna enfin à les laisser en paix. Quelques regards furent échangés, desquels mon amertume se révéla évidente.
- Nous nous en préoccuperons plus tard, venez vous amuser, fit Gareth en nous tirant comme un enfant à l'intérieur du vaisseau.
- Je voudrais aller me rafraîchir, d'abord, soufflai-je à Liam.
Il hocha froidement la tête. J'eus un sourire forcé et me fis belle en m'efforçant de me détendre. Mais c'était peine perdue. Je me sentais confuse, persuadée que nous nous étions tous trompés et qu'auprès du guerrier, si j'étais bel et bien bloquée, je demeurerais ma vie durant malheureuse comme les pierres.
Je retournai au rez-de-chaussée et notai le changement profond qui avait été opéré pour créer une ambiance de fête. Les tables avaient été poussées, la salle se révélant à présent immense, emplie de belles femmes et d'hommes séduisants. Je ne m'étais jamais donné la peine d'étudier les xivians. Si la plupart des terriens du moins dans mon pays natal étaient bruns aux yeux noisette, les xivians étaient blonds en majorité, mais c'était une couleur presque blanche, pas vraiment comparable à la blondeur terrienne. Ils étaient sinon en tous points semblables aux terriens, avec les mêmes variations. Les gens étaient presque tous jeunes puisque c'étaient des rescapés. Ils étaient vêtus de tenues festives, les femmes portaient des strass, les hommes des chemises un peu transparentes, comme le faisait toujours Gareth. Il dansait avec une jolie brune, ce couple détonnant donc par rapport au reste des danseurs.