manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
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- Tu devrais aller dans ta propre chambre, proposai-je. Nous allons faire une bêtise.
Il me fixa, du moins je le supposai, puisque son regard demeurait occulté par sa frange épaisse. Je voulais voir ses yeux, pour déterminer ce qu'il ressentait. Je ne voulais pas lui faire de mal. Pour cela, je devais connaître son état d'esprit pour y pallier, le cas échéant. Je tendis la main pour soulever sa frange. Mais j'interrompis mon geste en chemin. Si je le touchais, je ne serais plus capable de m'arrêter. Il se leva brusquement, puis tituba jusqu'à la porte. Pendant ce trajet qui me parut durer une éternité, je livrai bataille contre moi-même. Bien sûr, ce fut moi qui perdis.
- Je t'aime, Liam, soupirai-je en un son saccadé.
Il s'arrêta, mais ne se retourna pas vers moi. Les jambes en coton, je murmurai tant bien que mal :
- Je suis tellement désolée.
Il tourna la tête dans ma direction, son regard toujours caché par sa frange blonde.
- Tu sais, Aliénor, ça finira mal. La prophétie est toujours la plus forte. Si nous ne la laissons pas se réaliser naturellement, elle nous mettra à genoux.
Durant le court silence qui suivit, il rejeta enfin ses cheveux en arrière. Je poussai une exclamation en découvrant la lueur blanche, lumineuse, au milieu de toute la noirceur abyssale de ses yeux inhumains. Ses mains tremblaient lorsqu'il mima une force contenue des deux mains, qui échapperait subitement à tout contrôle. Je ressentis la déflagration factice à l'intérieur de ma poitrine, comme si elle avait été réelle. Les larmes me montèrent aux yeux. Je ne les laissai pas couler. Le hoquet me prit, mais il ne s'avança pas pour m'aider, respectant mon souhait. Je m'affaissai, mes jambes s'écroulant sous moi.
- Non, Aliénor, soupira-t-il.
Je poussai un profond gémissement, mais aucun pleur. Pourtant le son de ma voix parut un sanglot lorsque je cédai enfin :
- Viens, Liam, je t'en prie.
Lorsqu'il se pencha sur moi, je le serrai contre ma poitrine, soulagée par la sensation de sa peau sur la mienne. Il posa ses doigts sur ma gorge, mais rien n'y fit. Je tremblais autant que je hoquetais, agitée de désirs contradictoires.
- Je ne te ferai rien. C'est promis, Aliénor, assura-t-il d'une voix étranglée. Je ne te forcerai pas. Pas tant que je suis capable de lutter.
Je hochai la tête, rassurée. Lorsque mon hoquet passa, il caressa mes antérieurs, puis cela se mua en massage.
- Merci, Liam, fis-je. Merci pour tout.
Il secoua la tête. S'il ne tremblait pas, ses muscles paraissaient tendus.
- Tu sais, dit-il, j'aime profondément Gareth. S'il y avait la plus petite chance d'aller contre la prophétie, je l'aurais saisie. Seulement, je suis le jouet de cette instance supérieure, quoi qu'elle soit. Je suis celui qui y est le plus sensible, elle a une prise totale sur moi. Elle est plus forte que mon instinct de survie. Elle me manipule. Elle me fait perdre la tête.