manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
Était-il possible qu'après tout cela, le sentiment qui le submergeait fût la colère ? Parce que je lui avais échappé, parce que j'aimais Gareth ? Liane vint se frotter à ses mollets. Il s'assit par terre pour lui lisser les plumes. Je croisai les bras sur ma poitrine, terriblement seule. Je n'avais pas fini d'être seule. Je m'étais attiré la haine de tous les dieux. Sur terre il ne restait personne d'autre que les xivians. Le hoquet se faisait à présent extrêmement douloureux. Je me forçai à respirer lentement, me concentrant sur cette nécessité.
- Liam, m'entendis-je murmurer. Je ne peux simplement pas le condamner à mort.
Il émit un terrible rire amer. Cela ne fut au début qu'un murmure à peine perceptible. Ensuite, le son emplit la pièce, si désagréable que me surpris à me boucher les oreilles. Puis le silence retomba sur l'obscurité, tous deux terriblement pesants.
- C'est évident, conclut-il. Tu peux partir, Aliénor. A plus tard.
Pour lui la prophétie était implacable. Elle nous rattraperait forcément. Mon départ n'était à ses yeux que provisoire. Il ne s'agissait que d'un contretemps. Le hoquet s'accéléra de nouveau. Je rejetai la tête en arrière, simplement pour respirer. Le temps fila lentement, ainsi. Finalement, le hoquet passa.
- Pourquoi as-tu repris cette forme ? Le questionnai-je, désireuse de faire le point, tant que j'en avais encore l'occasion.
Il rejeta sa frange d'un lent mouvement d'une main, signe qu'il se sentait suffisamment apaisé à présent pour se laisser aller. Ses yeux avaient repris leur teinte noire habituelle.
- Gareth a posé ses deux mains à plat sur mon flanc. Alors je me suis rappelé que malgré la faim qui me dévorait, malgré la proie si désirable que tu représentais, quelque-chose clochait dans l'aubaine que paraissait constituer la situation. J'ai juste voulu réfléchir à ce que c'était.
Il n'eut pas besoin de terminer. Ensuite, il s'était tout rappelé. Je reniflai, le cœur au bord des lèvres.
- Merci, Liam.
Il ne me répondit pas. Je finis par pousser un long soupir. Je devais partir, c'était ce que j'avais dit. C'était sensé : si je restais loin de lui, nous ne pourrions pas nous unir. Gareth ne mourrait jamais. Malheureusement, une part de moi-même, la plus déterminante, me soufflait que m'éloigner d'eux serait la source d'un incommensurable désespoir. La prophétie faisait son œuvre, je le savais. Pourtant, je ne pouvais pas lui résister. Je levai les yeux sur le guerrier. Comme je le comprenais, à présent !
- Chasse-moi, Liam, je t'en prie. J'aime Gareth, je l'aimerai toujours. Exile-moi.
J'aurais souhaité lui mentir, prétendre que je ne l'aimais pas, que je ne l'aimerais jamais, que m'unir à lui constituait mon pire cauchemar. Mais les mots ne franchirent jamais mes lèvres. Le dieu se racla la gorge.
- Va-t-en, Aliénor. Va-t-en ! Gronda-t-il, la voix sourde.
Le hoquet reprit. Je m'emmêlai dans mes sabots. Voulant accéder à son ordre, je tentai de rejoindre la porte. Mais mes membres, qui tremblaient trop, m’abandonnèrent. Je chutai au milieu du hall d'entrée. Je poussai un gémissement de dépit. Le guerrier vint à moi d'un pas pesant. Lorsqu'il se fut assis près de moi, il me caressa les cheveux, d'un geste d'abord hésitant, puis franc et réconfortant.
- Voilà ce que je voulais te montrer, expliqua-t-il d'un murmure, comme pour ne pas m'effrayer. Malgré tout le mal que tu pourras toujours me faire, toutes les objections auxquelles tu croiras, nous ne pouvons pas même nous séparer, Aliénor.