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La louve et le prince, résumé.
La louve et le prince, tous les articles.
Il ne répliqua pas, ce qui en disait long sur sa pensée. Il avait terminé d'en parler. Je vins m'appuyer à lui ; nous restâmes ainsi très longtemps. Je n'avais plus l'heure donc je me méfiais de ma perception, toutefois.
- Est-ce que cela ressemble à tes précédentes missions, Prince ?
- Non.
Le ton était tranchant, et d'une assurance inquiétante. Je me tournai vers lui ce qui eut pour effet de nous montrer comme nos visages étaient proches. Je mourais d'envie de l'embrasser et de le toucher, mais je voulais d'abord qu'il termine sa phrase. Avant de faire une chose qu'il rejèterait, me laissant honteuse, brisée.
- C'était bien plus facile, reprit-il. Du moins, je savais ce que je devais faire. Là, tout est différent. Tu regrettes d'être là ?
Je fis non de la tête. Ma situation était déjà si mauvaise dans mon monde ! Ici au moins je pouvais repartir de zéro. Je frissonnai en songeant comme j'aurais souhaité que ce fût avec lui. Son regard doré me semblait exprimer une invitation, pourtant c'était impossible. La veille j'avais cru m'être trompée, j'avais cru ne pas lui plaire.
- Apprends-moi quelque chose, sourit-il.
Oh je comprenais mieux. Nulle question d'amour, il avait face à lui une humaine, or il n'avait aucune expérience avec celles-ci. C'était simplement le défi qui dansait dans ses prunelles félines. Un autre frisson me prit : pourquoi pas ? Je n'étais pas forcée de toujours réfléchir. Je fis oui de la tête et me remémorai ce truc que Lorenzo avait fait avec mon épaule. Finalement j'en savais plus que ce que j'avais cru, du haut de mes quinze ans. Je me glissai derrière lui puis le débarrassai de sa tunique légère. Ce simple geste le fit frémir, car il savait que quoi qu'il se passerait, ce serait bon de toute évidence. Je pris plaisir à parcourir son dos du bout des doigts et finis par lui arracher un autre frisson. C'était idiot mais dès que je lui faisais du bien, je ressentais une immense fierté, comme si j'avais créé un œuvre exceptionnelle. Je songeai que c'était parce que j'étais simplement fière de toucher un être si exceptionnel sur tous les tableaux. Il allait probablement me décevoir comme les précédents. Je secouai la tête et me séparai de lui, je n'avais plus envie de lui donner du plaisir finalement. Trop d'incertitudes.
- Je peux essayer, fit-il ?
Un instant je me demandai de quoi me il parlait, je n'avais rien fait d'intéressant. Oh, c'étaient juste de ces petits frissons qu'il parlait.
- Je n'ai rien fait de spécial, je comptais faire un truc avec ton épaule et euh...
Ma voix s'éteignit, cet homme me faisait faire absolument n'importe quoi. Je devais grandir, ou cela deviendrait mauvais pour ma personne. Il passa par plusieurs expressions mais finit par hocher la tête. Il ne poserait aucune question, comme un homme qu'il était, c'était un truc de fille que de vouloir toujours tout mettre au clair. Nous récupérâmes notre position, l'un contre l'autre, parce que c'était quand même plus confortable. Un long silence s'installa et bientôt je cherchai n'importe quoi à dire pourvu qu'il fût rompu.
- Qu'est-ce que tu voulais faire avec mon épaule ?
Je faillis tomber à la renverse, je ne m'étais vraiment pas attendue à ce qu'il parle et encore moins de cela. Aucun problème : j'allais grandir d'une autre façon.
- Il y a une partie charnue... Là, fis-je en la lui montrant sur mon épaule nue, près de la bretelle de ma robe. Si on mordille quelques secondes cela produit un très, très grand frisson. De la tête aux pieds, conclus-je avec une assurance feinte.
- De la tête aux pieds, sourit-il.
- C'est comme j'ai l'honneur de te l'apprendre.
Court silence. Je suppose qu'il trouva cette phrase étrange, c'était une expression familiale que l'on prononçait lorsque l'on singeait l'importance pour exprimer des informations de seconde zone.
- Je peux essayer ? Demanda-t-il encore, de son ton le plus enjôleur.
Mon sourire dut illuminer mes traits, comment réagir autrement ? Il était beau, je l'adorais, et il me faisait rire. Je résistai mais il se positionna. Je chassai tous les doutes éveillés par son attitude de l'autre fois, je devais arrêter de me gâcher la vie avec ce genre de choses. Il m'adressa un coup d'œil doré, aguicheur. Puis il commença et en quelques secondes le prodige se produisit. En un long gémissement, je frémis de tout mon être. Je me retournai et lui dérobai un baiser sauvage. Mes mains fouillèrent ses vêtements jusqu'à trouver la peau douce de son dos. Sur les côtes je lui arrachai un court frisson. Ses mains me massaient la tête et je pus enfin me séparer de lui. Je connaissais cette expression dans ses yeux. S'il n'avait pas visité tout mon corps de ses mains, c'était simplement qu'il ne savait pas comment on étanchait son désir avec un corps de femme dans les bras. Pourtant...
- Callista, commençai-je...
Un voile passa devant ses yeux, j'avais été idiote, autant ne pas l'avoir été pour rien. Aussi je repris bien vite :
- Callista m'a dit comme une confidence, qu'elle avait souvent fait l'amour devant toi, elle était gênée maintenant qu'elle savait que tu étais humain.