manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
- C'est toi qui n'arrives pas à choisir
. C'est donc nous qui avons des choses à exiger, et non l'inverse. Continue de jouer avec ma patience si cela te chante, mais épargne-moi ton idiotie.
La gorge serrée, elle se sentit absolument détestable, et pourtant elle ne put rien y faire. Elle aurait voulu être capable de lui annoncer un choix, là tout de suite, simplement pour le faire taire. Elle aurait aimé lui asséner qu'il n'avait rien compris, car c'était lui, ou Sloan, qu'elle avait choisi depuis le début. Mais c'était impossible. Elle en était incapable, faible, elle n'était pas à la hauteur. Se penchant de nouveau sur son humain, sa gorge se serra encore lorsqu'elle songea que lui en avait peut-être fini de lui en vouloir, à présent. Saisissant sa baisse de moral le vampire avança d'un cran dans la réflexion, comme s'il ne l'avait pas rabaissée plus bas que terre à l'instant :
- Il y a aussi une autre possibilité : lui faire le don sans s'encombrer de plus de réflexions.
Une nouvelle fois elle posa le regard sur lui. Qu'est-ce qui lui prenait ? Au moins le ton était-il redevenu neutre, mais cela n'avait rien d'agréable. Il s'agissait de la vie d'un homme, bon sang ! L'homme qu'elle aimait...
- Pourquoi voudrais-tu faire cela, enfin ? Le questionna-t-elle, épuisée.
- S'il ne se réveille jamais, moi je m'en sortirai. J'ai perdu de nombreux proches tout au long de ma vie d'immortel. Mais je ne supporterai pas que ce visage là (il désigna les propres traits de Shalimar) garde l'expression qui s'y peint ce soir, Shali.
Son cœur déborda : sa violence, la peur, son amour, c'était trop pour elle qui se remit à pleurer, tandis que Sofiane l'enlaçait tendrement. Il allait la rendre folle, savait-il au moins ce qu'il faisait à son esprit meurtri ?
- Je ne veux pas faire ça, se reprit-elle subitement. S'il ne se réveille jamais et bien tel aura été son destin, mais je ne veux pas lui imposer une condition qui le dégoûterait lui-même.
Lorsqu'en posant sur lui son regard sombre, elle comprit qu'il ne tiendrait pas compte de son avis, elle fut atteinte d'une peur incontrôlable.
- Bon nous avons le temps de toute façon, puisque son état est stable, reprit-il. Allons-y. Nous avons un peuple à convaincre et je compte sur ton aide, ce soir.
Il savait tirer sur la corde sensible. Rejetant les épaules en arrière, elle étancha ses larmes, prête à assurer cette mission. Elle avait échoué à épargner les hommes qu'elle aimait. Elle assurerait au moins son rôle aux côtés du chef de meute.
Ils se changèrent en rongeur et sortirent par la fenêtre. Puis elle le suivit au-dessus de la ville jusqu'à plonger avec lui sur le stade immense et désert. Quelques personnes étaient déjà arrivées, qui les accueillirent d'un air inquiet. Le temps de reprendre forme humaine, ils entreprirent de leur expliquer ce qui se passait avec l'autre meute. Les réponses furent hésitantes, attendant le choix du chef, lequel asséna avec autorité qu'on levait le camp, expliquant que les jumeaux n'étaient pas d'inoffensifs novices, narrant dans le détail les armes et les techniques de combat, soupçonnant le nombre, même s'il n'en savait rien en réalité. Au fur et à mesure que les gens arrivaient, Shalimar et Sofiane voguaient des uns aux autres, donnant leur solution avec autorité. Pourtant tous demandaient s'il n'y avait pas une autre possibilité, tous venant de s'installer confortablement, et de prendre leurs marques dans leur quartier. Certains avaient même trouvé du travail. Ces derniers étaient les plus réticents à repartir, surtout quand ils étaient novices. D'autres avaient très mal vécu le voyage jusqu'ici. Shalimar ne l'avait pas su mais il y avait des gens qui avaient voyagé avec une patte cassée, et si rapide ait été la guérison, courir ainsi avait été une torture, leur donnant un dégoût viscéral contre l'idée de repartir. Sofiane contrairement à l'immortelle connaissait les limites du territoire de l'autre meute. Il s'agissait de tout le bassin parisien. Il faudrait donc aller assez loin, parce que les vampires ne se voyaient pas s'enterrer dans un coin sans centre ville digne de ce nom. Lorsque l'on ne supportait pas la lumière du jour, les activités nocturnes devaient être à la hauteur. Le chef tentait de les appâter en profitant de très jolis coins, comme la Méditerranée, mais alors le voyage serait aussi long qu'à l'aller. Bref jamais ils ne trouvaient d'arrangement convenable.
Enfin tout le monde fut là. La vampire réalisa enfin pourquoi l'atmosphère était si déroutante, navigant nue parmi une foule tout aussi dénudée. Sofiane la rejoignit puis lui adressa un regard qu'elle dut analyser. Elle le fit puis hocha la tête. C'était à présent qu'il allait s'adresser au peuple, dont ils savaient tous deux qu'il attendait autre-chose que ce que Sofiane pouvait leur offrir.
- Vampires, tonna le chef de meute, maintenant vous savez tous ce qui se passe dans cette ville. Je veux en premier lieu votre accord de principe pour repartir dans les plus brefs délais.