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Centaure d'un dieu, tous les articles.
Remarquant mon désarroi il m'attira contre lui et posa un baiser dans mon cou. Il était vrai que parfois les mots s'épuisaient, alors me sentir contre lui palliait leur insuffisance.
Nous arrivâmes enfin à la salle du conseil pour nous trouver face à un petit groupe de personnes en pleine discussion. Ils se turent pour nous faire une belle révérence qui me donna envie de battre des mains comme une enfant de quatre ans. Je me maîtrisai dans un sourire intérieur. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'on me faisait le révérence. Mais selon mon état d'esprit, plus ou moins fragile, je me sentais plus ou moins impressionnable.
Safir nous prit par le coude, ses deux enfants et moi, pour aller nous dire deux mots au fond de la salle alors que respectueux de cette aparté, les architectes se regroupaient à l'autre bout de la salle.
- Je me posais une question, commença-t-il, trop sérieux.
Je retins mon souffle, incapable de faire autrement. Mon coup de sabot au sol fit sursauter Gareth. Les autres, rompus à la maîtrise d'eux-même, étaient moins sensibles à mes effets de surprise involontaires.
- Maintenant vous êtes grands, vous avez peut-être besoin de vous envoler, sourit le dieu. Je vous laisse le choix : soit nous construisons un palais comme le précédent, soit nous vous y bâtissons de véritables appartements privés pour vous, deux pour être exact, soit on vous construit deux palais séparés. Si vous avez besoin de réfléchir allez faire un tour et revenez dans un moment, vous devez être sûrs de vous.
Chacun observa les deux autres et finit par hocher la tête : il valait mieux en discuter entre nous, à n'en pas douter. En sortant de la salle du conseil Gareth fit signe qu'on allait au restaurant et commanda d'autorité trois petits déjeuners.
- Vous devriez manger le matin, expliqua-t-il, c'est meilleur pour la santé.
Il était vrai que depuis que je n'étais plus étudiante en médecine j'avais pris le rythme du Guerrier sans m'en apercevoir. Celui-ci entra tout de suite dans le vif du sujet :
- Pour ce qui est de mes désirs personnels, je choisirai l'option que tu préféreras, Gareth. Je pense que je n'ai pas à développer mes raison.
J'aurais pu me sentir offusquée qu'il ne m'ait pas demandé mon avis. Il n'en fut pourtant rien. Il profitait sans doute de ses derniers instants avec son aîné. Je n'avais ni le droit ni l'envie de gâcher ne serait-ce que le plus petit d'entre eux.
- Je te suis, souris-je. Je serai heureuse où vous serez.
Gareth se mit à rire, cela fit un bruit fou et allégea mon cœur en une poignée de secondes. Il fit remarquer lorsque son hilarité finit par se calmer :
- Regardez-les se justifier de ne pas prendre de décision ! Laissez-moi envoyer tout cela au Diable : c'est moi qui irai où vous voudrez. Allons-y pour votre avis.
Je réfléchis un moment mais Liam me précéda d'un temps : certes l'idée d'avoir une maison ensemble était séduisante. Pourtant...
- Tu ne peux pas trop t'éloigner de papa, tu es le prince, son bras droit, nota le dauphin. Donc nous resterons au palais. Tant qu'à faire ne serait-il pas agréable d'avoir deux appartements privés au sein du palais, à votre avis ?
- Évidemment, sourit son frère, ainsi ta promise cessera de s'occuper de ma vie sentimentale.
- Pardon ? Sétonna Liam en se concentrant sur moi.