manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
Centaure d'un dieu, tous les articles.
- Pourquoi ne pas dresser de nouveaux monuments au lieu de modifier ceux qui existent déjà ? Tentai-je la gorge nouée.
- Parce-qu'il n'y a pas la place, répliqua un homme un peu sèchement.
Je réalisai que ces êtres cherchaient réellement des compromis, qu'ils avaient pensé que je me montrerais reconnaissante. Ça allait mal tourner, réalisai-je en ravalant mon premier hoquet.
- Parlez-lui autrement, gronda Safir.
- Oui, seigneur.
Plusieurs réponses telles que celle-là fusèrent trop rapidement pour que je puisse suivre l'ordre dans lequel elles se succédèrent. La peur des architectes transparaissait dans leur empressement à s'excuser. J'oubliais souvent combien ils devaient craindre leurs dieux. Jetant un œil à Saphir, je ne vis pourtant qu'un grand homme mince aux cheveux blancs. Mais c'était Liam qui inspirait aux xivians la crainte qui déformait leurs traits. Moi aussi, je sursautai en déchiffrant sur son si beau visage une colère des plus dangereuses.
- Vous pouvez raser les constructions les plus récentes, celles qui ne présentent aucun intérêt architectural, articulai-je lentement, n'accordant aucune confiance à l'intonation de ma voix, que j'avais pressentie craintive et qui se révéla posée.
En réalité elle se révéla trop calme pour paraître naturelle.
- Nous ne savons pas les reconnaître, fit remarquer un architecte en prenant soin de voiler son impatience.
Sa voix se voulait docile. Pourtant ses propos me parurent impertinents. Je frappai du sabot.
- Je viendrai avec vous, conclus-je, tendue. Je suis prête à partir.
En grommelant ils marquèrent leur obéissance mais le père de Liam les rappela.
- Avant montrez-leur où nous avions pensé bâtir le palais.
Je m'attendis évidemment à la mairie, c'était un grand et beau bâtiment quoique sans tellement de cachet, cependant. Je m'étais trompée. C'était la cathédrale qui avait été sélectionnée. C'était mon monument préféré dans ma ville. De style gothique, elle avait toujours rythmé mes rêves et j'avais déjà imaginé y trouver asile plus d'une fois.
- C'est un monument religieux, expliquai-je, mal à l'aise. Je le trouve magnifique et y vivre serait un rêve, que dis-je un miracle.
Mon cœur balançait, mon malaise s'opposant à mes envies. Mon flanc animal tressauta nerveusement, là où un tel mouvement aurait été impossible à un être humain. Je hoquetai bruyamment. Liam vint placer ses doigts là où cela put me soulager. Lorsqu'il les ôta, une torpeur salvatrice avait remplacé ma nervosité. Quelque-chose de magique venait d'opérer. Mais je n'avais pas de temps pour y réfléchir.
- C'est vous les dieux, soupirai-je paisiblement. Aimeriez-vous vous installer dans l'un des lieux où des croyants sont venus implorer la miséricorde d'une autre divinité ?
Je les étudiai un à un, cherchant une émotion forte que je ne trouvai jamais. Je fronçai les sourcils.
- Sauf si cela te choque, je trouverais cela très à propos justement de nous y installer, sourit Saphir.
Une joie insoupçonnée emplit tout mon être. Ma queue fouetta l'air et je me cabrai involontairement. Je me sentis aussitôt ridicule. Mais personne ne crut bon de me donner raison, de quelque façon que ce soit.
- Alors j'accepte de tout cœur, soufflai-je, à condition...
Je me mordis la lèvre. Étais-je réellement en train de poser des conditions à un Dieu ?