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Centaure d'un dieu, tous les articles
- Tu restes travailler avec moi, Liam ?
- Pourquoi pas ; alors raconte-moi la journée.
Je retraçai tous les événements : la première déception (pas de pépinière là où j'avais cru), les graines trouvées à la seconde, puis les conversations diverses. Il commenta tout, il me fit rire même si ses phrases étaient courtes et précises, plus rares que les miennes, moins exubérantes. Lorsque nous eûmes terminé la barrière je repris la route avec les autres, mais la conversation ne se tarit pas. Du coin de l'œil j'observai Lara et Gareth ; ils riaient ensemble. Mieux : je les regardai se toucher aux moindres occasions. Le bras, la taille, l'épaule, la joue, ils offraient réellement le tableau d'un jeune couple en voie de formation.
Après ma journée nous passâmes à la sienne. Morne certes, mais Liam avait des questions sur ce qu'il avait vu. Je compris qu'il avait croisé des rats. Je notai que c'était bien le seul animal que nous avions en commun sur les deux planètes. Pas du tout, se récria-t-il. Leurs rats à eux produisaient continuellement de petits sons. Il poussa un cri que j'aurais du mal à reproduire pour les imiter, plus près d'un pépiement d'oiseau que de quoi que ce fût d'autre. D'autre part c'étaient des animaux assez inertes alors que ceux qu'il avait vus ne cessaient d'avoir des mouvements brusques. Leurs rats enfin étaient appréciés des xivians et non craints comme sur notre Terre.
Il avait aussi des questions sur nos déchets. Sur Xivia ils les désintégraient, pourquoi les stockions-nous ? Parce qu'on ne savait faire que cela, déplorai-je. J'expliquai tout de même les diverses façons de s'en débarrasser, et il tomba des nues, considérant que nous faisions peu de cas de cette planète qui pourtant nous donnait tant de ressources. Il se rappelait en effet que nous utilisions des énergies fossiles alors que leurs appareils à eux s'auto-suffisaient. J'avoue que je ne compris pas comment exactement.
Après toutes ces discussions j'annonçai que j'étais dans l'ascenseur. En baillant il s'en étonna fortement. Je raccrochai et fus sonnée de voir qu'il était une heure du matin. Qui aurait cru que nous parlerions autant lui et moi, au début ?
Une fois dans ses bras je le suivis au lit sans détours : ni salle d'eau ni autres, j'étais épuisée. Entre veille et sommeil je me rappelai Gareth et Lara discutant d'un air complice sur tout le trajet du retour. En réalisant qu'elle avait encore eu une journée de repos, je souris, me demandant si ses collègues n'étaient pas finalement mes alliés. De très loin, Liam me demanda pourquoi je riais, de la voix des hommes heureux. Je secouai très lentement la tête. Je crois que je dormais déjà.
Mais le lendemain matin dès le réveil je me sentis excitée comme une puce. Certes je ne m'éveillai qu'à dix heures du matin face au petit déjeuner que Liam m'avait fait monter. Lui ne déjeunait jamais. Pourtant, à force de minauder et de douceur, mais aussi de crises de rire, je parvins à lui faire avaler une partie du festin.
Puis nous rameutâmes son frère et nous partîmes vers la plage avec de quoi camper une nuit. Lara ne pouvait pas venir, elle n'avait déjà pas travaillé la veille, il était temps de donner une pause à quelqu'un d'autre. Du coup je pris sous mon aile la petite cuisinière, Bianca, qui fut de repos ce jour-là. Blonde aux yeux bleus, elle n'avait pas vingt ans. Je m'adonnai au conte d'anecdotes sur la plage tout en réfléchissant à quelque chose :
- Si vous y alliez en griffon, je pourrais galoper, on pourrait sans doute arriver plus vite.