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Centaure d'un dieu, tous les articles.
Je pris sa main tandis qu'il leur demandait leur âge sans détour. Il me glissa un regard, même si derrière sa frange blonde, je ne pus pas discerner ses yeux. Je résistai difficilement à l'envie de soulever la masse blonde pour voir ce qui se cachait derrière et ce qui pouvait bien faire de lui un monstre, en cet instant où il aurait fallu respecter le deuil des femmes qui nous avaient suivis. La plus jeune avait vingt-huit ans. Ensuite je leur demandai l'âge qu'elles avaient lorsqu'elles étaient devenues intimes avec le prince. La plus jeune à l'époque en était une autre, c'était à vingt ans. Lui avait le même âge, se sentit-elle obligée de préciser. Qu'à cela ne tienne, nous remerciâmes les autres avant de mener nos deux jeunes femmes à la crypte improvisée où reposait Joyce. L'enfant du prince, ce devait être lui, nous semblait-il. Pourtant le corps qui d'ailleurs impressionna les femmes, parce que justement, c'était un enfant, demeura d'un silence pesant.
Nerveuse je proposai aux femmes d'y aller seules l'une après l'autre. Peut-être le défunt ne parlerait il que seul à seule. Mais cela ne donna rien. Aucun signe ne pouvait être interprété. Le garçon n'avait pas bougé, rien sur lui n'avait changé. Ce n'était pas elles.
- Pourtant cette femme doit être ici, grogna Liam. Les prophéties se réalisent toujours, elle ne peut pas être déjà morte.
- Et si elle était une créature, laissée sur Xivia ? M'étranglai-je.
Un affreux silence tomba sur le couloir. D'une voix timide, la femme qui était aujourd'hui la plus jeune à avoir partagé la couche de Gareth confia doucement :
- A l'époque, il tenait un journal intime.
Je remerciai le ciel à voix haute, en rejetant la tête en arrière.
- Je suppose que vous y trouverez trace de cette femme, acheva timidement la jeune xiviane.
- Merci, souffla Liam avant de se précipiter vers l'ascenseur.
Je pris soin d'enregistrer leur numéro (en fait c'était une manipulation sans chiffres mais l'expression avait la peau dure dans mon esprit terrien). Ensuite je me hâtai à sa suite, le cœur battant.
Dans les appartements du prince nous cherchâmes partout. Une heure après je commençai à déprimer. Peu après je poussai un cri d'impuissance qui fit sursauter le dauphin.
- On va le trouver, assura-t-il épuisé en s'asseyant près de moi.
Il renversa la tête en arrière, puis resta ainsi, les yeux clos. Son visage marqué souleva mon cœur égratigné. J'attirai Liam à moi et caressai ses cheveux blonds avec un amour non dissimulé. Il posa un baiser dans mon cou puis y soupira, me faisant frissonner de plaisir. J'avais envie de lui, maintenant, mais pour rien au monde je n'aurais laissé cette pulsion trouver satisfaction là où mon ami avait trouvé la mort. Et pas maintenant, alors qu'il nous fallait débusquer ce maudit journal. Me tournant vers le dieu pour lui parler j'écarquillai les yeux en tombant sur les siens. Ses doigts nerveux passèrent brusquement dans ses cheveux clairs. Lui aussi avait envie de moi, et paradoxalement cette pensée m'apaisa, peut-être parce qu'elle me déculpabilisait. Je secouai la tête. Lui poussa un court soupir.