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Centaure d'un dieu, tous les articles.
Mes pensées retournèrent au Guerrier aux petits yeux noirs et abyssaux. Je portai mon outre de vin à la bouche en m'imaginant la soirée des retrouvailles. Une gorgée en appela une autre et finalement mes pensées carrément grivoises me plongèrent dans un sommeil réparateur.
Le lendemain matin nous reprîmes l'allure rapide de l'après-midi précédent et je fis parler Wyne sur ce qu'il ferait en rentrant. Il irait jouer sur son ordinateur, lâcha-t-il comme si c'était la chose la plus agréable au monde. Je pouvais comprendre : son travail étant prenant et manuel, il devait apprécier, lorsqu'il avait du temps de libre, de passer à une activité virtuelle. Mais il lui tardait aussi de revoir les chats, il était de ceux qu'ils fascinaient, il avouait avoir l'impression de dompter de petits fauves. Je confirmai : un beau jour les bêtes se laisseraient chouchouter mais pour le moment ils avaient dû se battre pour survivre, ils étaient revenus à l'état de bêtes sauvages et les moindres réussites en la matière étaient des miracles, à n'en pas douter.
Sur ces mots le vaisseau fut en vue, tout là bas, comme une belle horizon. J'accélérai encore et Wyne se cramponna à ma taille, se gardant bien de discuter. Un hoquet d'émotion me prit lorsque je vis que personne ne nous attendait sur le seuil. C'était pourtant normal, personne n'avait été prévenu, d'autant que notre expédition n'était pas guerrière, elle était d'une banalité affligeante. Chacun s'éparpilla mais avant de quitter Wyne nous fîmes la manipulation nécessaire pour pouvoir se téléphoner, je comptais bien le faire participer à la fête ce soir-là. Pour le moment il n'était que midi, mais je mourais de faim, j'avais galopé toute la matinée ! J'entrai chez moi à la volée, chargée d'une émotion débordante.
Personne ne m'attendait ici. Je frappai chez Gareth qui m'accueillit avec exubérance, tandis que mon cœur bondissait dans ma poitrine. Lara m'embrassa timidement et je découvris Liam derrière eux. Mon cœur bondit de nouveau, mon ventre chavira, un long frisson me parcourut. Lui resta parfaitement immobile, si bien que je me perdis dans la contemplation de ses yeux de ténèbres.
Finalement, il se mit en mouvement, m'attirant pudiquement hors de la pièce. Nous allâmes chez lui. Puis il se tint devant moi, levant le menton pour bien me regarder dans les yeux, moi qui étais si grande du haut de mon corps de centaure. Le guerrier était magnifique. Je frappai le sol d'un sabot nerveux.
Je m'agenouillai pour me mettre à sa taille, tout près de lui, de sorte que nos visages se touchaient presque. Il se racla la gorge, ce qui produisit un son rauque, viril. Il se passa une main nerveuse dans les cheveux. Finalement il posa les mains de part et d'autre de mon visage. Je l'enlaçai. Ses mains glissèrent sur moi, nous nous débarrassâmes des vêtements. C'est alors que je commençai enfin à me sentir bien, à ma place auprès de lui. Avides de sa peau, mes doigts glissaient sur lui, lentement, à n'en plus finir. Sa respiration accéléra, puis il fut hors de portée.
Je rouvris les yeux. Il me dominait à présent, si belle créature mi équine mi humaine. Je voulus lui dire combien il était beau, mais les mots se bloquèrent dans ma gorge.
Il resta à un mètre de moi, visiblement en proie à des pulsions dont il savait que s'il les libérait, ce serait à mon détriment. J'étais une créature efflanquée, lui était un mâle grand et puissant, soudain. Je frissonnai longuement. Son antérieur droit, d'une si belle couleur claire, frappa violemment le sol. Je pris ses mains et les posai sur mes seins minuscules, tout doucement.
Nos respirations étaient courtes, il avait l'air de chercher comment retarder l'abandon. J'avais envie de lui, à tel point que mon corps me lançait. Il serra les poings, et seulement alors, je notai une veine qui palpitait sons ses flancs. Mais il ne bougeait pas. Fallait il que je..? Rassemblant mon courage je m'agenouillai au sol et avançai les mains vers son bas ventre. Dans un piaffement il se déroba. Avec un mouvement de tête assez équin il enchaîna quelques foulées d'un galop ramassé et piaffa derrière moi.
Mes instincts m'informèrent que c'était pour maintenant.