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Centaure d'un dieu, tous les articles.
Toutefois, dès que je commençai à parler, la colère gagna du terrain à mon esprit fatigué :
- Tu me plantes là alors que je me suis ridiculisée en un lieu que je ne connais pas, puis tu reviens me chercher, et tu décides que c'est ici que tu dois m'expliquer que je t'ai vexé, que c'est aussi ici que je dois m'excuser en te suppliant d'oublier tout de suite l'incident ?
Il s'assit en se passant les mains sur le visage, dont soudain les yeux me paraissaient creusés.
- Ça n'a rien à voir avec tout ça, me répondit-il calmement. J'ai cru effectivement que tu me rejetais et j'ai fui pour aller m'emporter ailleurs. Sur la route j'ai compris ce que tu venais de dire, en cinq minutes j'étais là où je t'avais laissée... Je...
Mais je m'étais éloignée également. Il secoua la tête mais rien ne sortit. Ni le fait qu'il était ainsi, impulsif, mais qu'il avait voulu réparer ses torts, mais qu'alors je n'avais plus été là. Ni la douleur qu'il avait ressentie en croyant que je le rejetais. J'ouvris la bouche pour l'avertir qu'il devait tout dire, que le comprendre ne me suffirait pas. Mais il m'implora d'un geste de le laisser finir. Je vis que c'était déjà difficile pour lui d'avoir cette conversation donc je lui fis cette faveur.
- J'ai fait le tour à toute allure, mais ne t'ayant pas trouvée j'ai compris qu'on pouvait se tourner autour longtemps. Puis...
Il eut un gloussement triste.
- J'ai réfléchi à où tu avais pu aller. Je me suis rappelé que tu es déjà allée trouver Gareth quand ça n'allait pas. J'ai pensé vus tes derniers mots que ça n'allait pas et j'ai espéré que tu agirais de la même façon qu'alors.
Qu'est-ce que j'aurais pu dire ? « C'est magnifique comme tu te donnes la peine de me comprendre en passant par ce que tu sais de moi puisque tu ne peux pas t'en remettre à ton empathie introuvable ? » Autant me jeter à ses pieds et lui embrasser les orteils ! Il continua à ma grande surprise :
- J'étais en train de répondre à Gareth que bien sûr que non, je n'en resterais pas là. Je t'écoute, qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Je le lui dis et surprise de son air perdu je lui demandai :
- Mais cela ne fait cet effet qu'à moi ? Et ce truc avec tes yeux ça ne t'était jamais arrivé auparavant?
- Personne ne m'a jamais fait remarquer ces... détails. Gareth ne m'a jamais parlé de cela et pourtant il me dit à peu près tout ce qui est intéressant.
- Je suis désolée de te demander ça mais... de quelle nature étaient tes amantes ? Ou sont ? Me perdis-je.
- Étaient, sourit-il, et un nœud se défit au centre de mon estomac. Humaines. C'est peut-être parce que tu es centaure. Ça doit forcément pouvoir être dépassé, assura-t-il.
- Tu le sais ou te le veux, Liam ?
- Je le sais. Je sais que nous pouvons nous unir, en fait. J'ignore si nous pouvons nous embrasser sans te faire mal, réalisa-t-il.
Nous pouvions nous unir. Cela signifiait que nous y étions destinés. Cette pensée me donna le tournis. Comment une centaure était-elle censée s'unir à un être à l'aspect tout à fait humain ?