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Centaure d'un dieu, tous les articles.
- Nous voici sur Terre, et la vision de Liam se voit confirmée, aucun terrien n'est là pour nous accueillir.
J'eus peur de ma propre réaction mais il ne se passa rien. Rien de plus que le flot de larmes qui dégoulinait sur mes joues glacées. Pour la première fois mon pelage et ma condition de centaure me m'empêchèrent pas de remarquer combien le fond de l'air était frais. J'eus l'irrépressible envie de supplier Liam afin qu'il me suive dans ma chambre pour me border et caresser mes cheveux sombres pendant mes heures. Je voulais seulement gémir pendant quelques minutes. Je me redressai de nouveau, réalisant de nouveau que je m'étais affaissée. Gareth se pencha pour parler à l'oreille du guerrier. Je n'entendis pas, certaine en tout état de cause qu'ils bénéficiaient de tant d'années d'entraînement que je n'avais eu aucune chance d'y parvenir. Imperturbable, Saphir continuait :
- Nous voilà donc maîtres de cette planète. Comme vous le voyez, il reste des constructions. Je déclare ouverte l'expédition des architectes : allez et revenez voir Aliénor et moi-même. Comme prévu elle vous dira ce qui fait partie du patrimoine de sa planète et ne doit pas être détruit, elle vous expliquera les mœurs de son peuple en réponse à vos interrogations, coutumes dont nous préserverons les traces. Quant à moi, je veux être tenu au courant de tout projet définitif.
Un groupe de personnes se détacha du reste des rescapés. Une dizaine d'hommes et de femmes accompagnés d'environ autant de griffons – y-avait-il une explication magique, de par laquelle je ne les avais pas remarqués auparavant dans le vaisseau ? - étaient donc destinés à remodeler la ville pour un peuple entier... C'était une si grande tâche pour si peu de gens, réfléchis-je distraitement. Mais il était déjà heureux que des architectes fussent sauvés du fléau.
- Les ménagères, partez à la recherche de ce qu'il vous faut : eau, savon et autres produits nécessaires.
- Je peux leur donner quelques pistes, chuchotai-je comme un élève mal discipliné.
Mais ce fut avec un sourire éclatant qu'il hocha la tête :
- Aliénor se propose d'ores et déjà de guider vos recherches.
Lorsque le silence se fit, je compris que c'était pour tout de suite. Je me raclai la gorge, prenant douloureusement conscience que je n'avais jamais pris la parole devant une si large foule. Ce faisant, je notai également, avec une certaine ironie, que ma gorge trop longtemps serrée par mes larmes rendrait l'exercice douloureux.
- Il faut que vous alliez dans les magasins, commençai-je d'une voix minable.
Ce que je venais de dire me paraissait d'une idiotie proche de l'absurde, mais je durcis la voix. Ainsi elle devint franchement enrouée et trop aiguë, mais c'était toujours mieux que la performance précédente.
- D'après ce que j'ai compris, repris-je ainsi, les habitants ont disparu depuis moins d'un an. Les produits que vous cherchez seront encore utilisables. Il y a un supermarché, euh... Par là, tout droit, puis à droite sur le grand cours, à gauche, en descendant une petite rue...
Je m'arrêtai : j'avais perdu mon auditoire. Je baissai la voix pour m'adresser au dieu :
- Je devrais aller avec eux, n'est-ce pas ?